Le nouveau quartier des Capucins en cours d'aménagement en bordure de la Penfeld. Crédits : Lipa et Serge Goldstein, René Tanguy

Le nouveau quartier des Capucins en cours d'aménagement en bordure de la Penfeld. Crédits : Lipa et Serge Goldstein, René Tanguy

Cinéma. Trop de salles à Brest ?

22, v’là le multiplexe-bis ! Si le projet de nouveau complexe de cinéma dans le quartier neuf des Capucins arrive à son terme, ce sont 22 salles de cinéma brestoises qui appartiendront à la SAS Majestic. Elle exploite déjà 15 salles au multiplexe Liberté du centre-ville et elle en aurait 7 de plus aux Capucins, ce nouveau quartier brestois qui pousse en bordure de la Penfeld, sur des terrains qui furent longtemps propriété de la Marine avant d’être rétrocédés à la ville.

Brest, comme l’ensemble des villes bretonnes, a un taux de fréquentation des cinémas supérieur à la moyenne nationale et en 2014, elle a dépassé le million de spectateurs dans le sillage d’un grand cru tricolore qui comptait entre autres « Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu », le « Lucy » de Luc Besson, « Hypercondiaque » ou encore « La famille Bélier ». 2015 fut moins porteur mais la fréquentation globale semble suffisante pour un nouveau projet aux Capucins. C’est du moins le point de vue de la municipalité qui mise beaucoup sur ce quartier ressuscité pour repeupler le centre-ville, avec un téléphérique en guise de fil conducteur.

Dix recours

Mais ce projet, depuis son origine, se heurte à l’opposition de la concurrence. Les exploitants des autres salles de Brest mais aussi de sa périphérie, voient d’un très mauvais œil l’arrivée de ce nouveau complexe alors qu’eux-mêmes traînent encore les séquelles de l’ouverture du multiplexe Liberté, en 2005.

Leur démarche concertée contre ce projet n’a pas empêché la commission départementale d’aménagement cinématographique (CDAC) de donner un avis favorable au projet, en juillet dernier. Cela n’a pas pour autant découragé les opposants qui ont mis les bouchées doubles avant que la commission nationale ne se prononce à son tour, avec un avis bien plus déterminant que celui de la commission départementale.

La mobilisation est si ordonnée que dix recours, pas moins, ont été introduits contre le projet de la SAS Majestic. Ils ont été déposés par cinq cinémas, Les Studios à Brest, le Celtic à Brest, L’Image à Plougastel-Daoulas, Le Bretagne à Saint-Renan et Le Dauphin à Plougonvelin. Mais aussi par l’association finistérienne Cinéphare ; l’association des cinémas de l’Ouest pour la recherche (Acor) ; le syndicat des distributeurs indépendants (SDI), le groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et même la médiatrice du cinéma.

Dans leur argumentaire, ils estiment que ce nouveau complexe va donner une taille surdimensionnée à son exploitant qui lui permettra d’avoir encore plus de poids pour l’acquisition des copies des films les plus populaires et mettre encore plus à mal le tissu des autres salles. Certains opposants pensent même qu’il eût été plus judicieux de transférer aux Capucins l’une des salles actuelles (le Celtic par exemple) pour conserver l’équilibre de l’ensemble et ne pas donner un poids excessif à l’un des protagonistes.

Cela suffira-t-il pour convaincre la commission nationale d’aménagement cinématographique de réformer la décision prise par son instance départementale ? Réponse en novembre.

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider