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Cidre Guillevic. Le « champagne » breton

Bulle fine, robe cristalline, le cidre Guillevic est en train de recueillir ses lettres de noblesse en Bretagne. Dans le Sud du Morbihan et plus précisément dans la région d’Auray, berceau de la pomme Guillevic, le cidre éponyme a récemment pris du galon, raflant les succès. Non loin de là, les vergers de Kermabo, récoltants et producteurs bio à Guidel (56), en écoulent pour leur part 20 000 bouteilles par an.

Quoi de mieux qu’un bouche à oreille élogieux pour une boisson? Ce faisant, le cidre Guillevic pourtant bien connu des anciens, revient de plus belle et gagne du terrain sur toute la Bretagne, détrônant au passage certains apéritifs de table. On a les yeux qui pétillent, devant ce cidre pas comme les autres ou ce crémant sorti des sentiers battus.

Dès les années 30, les amoureux commencèrent à le surnommer « le champagne breton ». Mais l’appellation d’origine contrôlée empêchant la contrevenance, il est aujourd’hui désigné comme un « crémant » de pomme. Contrairement au cidre fermier obtenu à partir d’assortiments variétaux, ledit Guillevic est un cidre mono-variétal, ce qui lui vaut une indéniable constance. Sa robe, moins jaune, plus cristalline, et sa bulle, moins agressive, plus fine, lui procurent cette noblesse que n’a pas le fermier.

Pour l’heure, très peu de producteurs se partagent la production de cet alcool de pomme élaboré à partir de la seule variété de pommes Guillevic. Et parmi eux, seules deux cidreries bretonnes seraient en label bio: Le Gorvello à Sulniac, et la cidrerie de Kermabo, à Guidel.

Du cidre Guillevic bio aux vergers de Kermabo

Lancée en 1985, la cidrerie de Kermabo est d’abord une histoire de volonté à toutes épreuves, mais elle connaît, depuis, des jours tranquilles. En s’associant à un ami de la famille, Sébastien Le Romancer, Maud Le Guerroué, 27 ans, a officiellement repris l’affaire de ses parents il y a deux ans. A Guidel, on dit encore souvent qu’on va « chez Anne et Eugène« . Une bonne adresse aussi bien connue des autochtones que des touristes, qui a gagné en saveurs avec la Guillevic, mais encore lors de leur conversion au bio il y a cinq ans.

Ici, les 10 hectares de vergers bordent la ferme. Y’a plus qu’à. Les plantations et les récoltes se font à domicile. Kermerrien, Douce-Coet, Douce-Moen, Marie-Ménard, etc… et le fameux hectare de Guillevic en plein dans son âge mûr. « Les pommiers de Guillevic ont été plantés en 2003« , retrace Maud Le Guerroué. « Ils sont dans une très belle période. On maîtrise bien le cidre et je crois pouvoir assurer que les prochaines cuvées seront aussi bonnes « , apprécie-t-elle, pas moins ravie de maîtriser sa chaîne du fait de productions en toute autonomie.

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1 000 bouteilles de lambig Fine-Bretagne, 2 500 bouteilles de pommeau, 20 000 bouteilles de jus de pomme et 150 000 bouteilles de cidre, dont 20 000 de Guillevic, c’est le compte rond et bon des récoltants de Kermabo qui n’ont nul besoin d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. En termes de distribution: « 50% des achats se font en direct de la ferme, une autre moitié en livraison dans un périmètre voisin : restaurants, crêperies, et épiceries du coin », précise Maud Guerroué.

Le cidre: éternellement nôtre!

Mais si le Guillevic de Kermabo (3,5% vol. d’alcool), « à boire dans l’année, de préférence à l’apéritif ou au dessert, et dans une flûte ou un verre de vin pour en sentir le bouquet », est sous son meilleur jour ces temps-ci, il le doit aussi à son frérot le cidre fermier! Car ce dernier a regagné en réputation et a lui aussi le blason bien (re)doré auprès des jeunes.

Inextricablement lié à la culture bretonne, le cidre, un temps oublié des maisonnées, revit en effet une période aussi faste que la crêpe. Bien loin, cependant, d’en arriver à une consommation de soiffards, comme ce fut le cas entre la deuxième moitié du XIXè siècle et la fin de la seconde Guerre mondiale. Car à l’époque, on en boit comme du p’tit lait, mais c’est faute d’eau potable en ville et en campagne que la consommation atteint le litre par repas, et par personne !

Après 39-45, ce sont à la fois la concurrence du vin, la pénurie de cidre, et la lutte contre l’alcoolisme via l’instauration de primes à l’arrachage qui ont eu raison de notre boisson régionale. Mais il semble que quoiqu’on fasse, le naturel revient au galop…

Manon Motir
3 Commentaires
  1. SOHLER Olivier

    Bonjour,
    comme déjà indiqué au propriétaire et à plusieurs prescripteurs ayant mis en avant ce cidre pour sa grande qualité (que je ne connais d’ailleurs point), j’aimerai précisé que le terme « Crémant » est protégé par un terme communautaire le réservant à des vins effervescents (produits à partir de raisins) et sous certaines conditions très draconiennes. Aussi un cidre ne peut s’apparenter à un Crémant et aucunement revendiquer ce terme. Merci de rectifier au plus vite svp.
    Olivier SOHLER,
    Directeur de la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant

    • Julien Perez

      Bonjour,
      le terme crémant est bien utilisé entre guillemet, afin de préciser que cela n’en est point, comme pour notre titre relatif au « champagne » breton.
      Il s’agit là de notre liberté éditoriale, à laquelle nous ne dérogerons pas.
      Bonne journée
      Julien Perez

  2. Thermet

    Faux il n’y a pas que deux cidreries bretonnes qui ont le label bio.
    Il y a au moins Le verger du Clos Alain à Plessala dans les Côtes d’armor.
    Et je pense qu’il y en a beaucoup d’autres
    G . Thermet

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