Chômage en Bretagne. Le coup de pen baz

Pour le gouvernement, c’est une claque. Pour le Bretagne, c’est un coup de pen baz. Les chiffres du chômage qui viennent d’être publiés ont été une mauvaise surprise alors qu’on espérait une amorce de décrue. Et pour les quatre départements bretons, le constat est encore plus sévère puisque d’un mois à l’autre, l’augmentation est double de celle de l’Hexagone. + 1,1 % au niveau national alors qu’en Bretagne la hausse est de 2,3% avec 3.500 nouveaux chômeurs en un mois, ce qui casse l’image de la région la moins touchée par le chômage avec l’Ile-de-France.

Aucun département breton n’échappe à ce dérapage avec + 1,6% dans le Finistère (+ 690 chômeurs), 2,5% pour le Morbihan (+ 900), 2,6% pour les Côtes-d’Armor (+ 740) et un très surprenant + 2,7% pour l’Ille-et-Vilaine (+ 1290), département qui fait pourtant montre d’un certain dynamisme économique.

On pourrait mettre cette envolée bretonne sur le compte d’un accident de parcours ou une facétie du système informatique si elle ne traduisait un mouvement déjà amorcé depuis deux ans. Le décalage du taux de chômage entre la Bretagne et l’Hexagone se réduit de mois en mois. Il était encore de 1,4 point au début 2014 (8,6% contre 10%) mais de 1,1% à la fin 2015 (9,1% contre 10,2%) et les derniers chiffres de février vont encore contribuer au rapprochement quand on sait que sur un an, le chômage a augmenté de 2,5% en France mais de 4,8% en Bretagne. A ce rythme, elle ne sera bientôt plus une exception sur l’échiquier du chômage régional.

A quoi attribuer les causes ? Pole Emploi et l’Insee n’ont pas encore donné d’explication chiffrée à cette nette détérioration bretonne mais il est probable que les soubresauts dans l’industrie agroalimentaire laissent encore des séquelles statistiques et que la situation du bâtiment et des travaux publics souffre des restrictions budgétaires des collectivités locales.

Mais le commerce, lui aussi, perd des emplois. Surtout à l’heure du commerce en ligne dont la Bretagne ne tire aucun fruit, en raison de sa situation géographique. Il suffit de regarder dans quelles régions les grands groupes comme Amazon installent leurs plates formes de distribution. Aucun, et pour cause, ne choisit de venir en Bretagne. Et donc aucun n’apporte de compensation à la déconfiture du commerce traditionnel dont les stigmates sont particulièrement visibles dans des centre-villes comme celui de Saint-Brieuc. Et dans les statistiques du chômage.

René Perez
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