Chômage. La Bretagne sera-t-elle la première à passer sous les 7 % ?

Lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron s’est fixé pour objectif d’atteindre le plein emploi en 2025. Un défi ambitieux pour un pays où le chômage de masse sévit depuis une quarantaine d’années. Mais qu’est-ce au juste que le plein emploi ? Ce n’est certes pas le 0 % qu’aucun pays n’atteindra jamais mais alors que des voisins comme l’Angleterre ou l’Allemagne ont un taux actuel d’environ 4 % (avec beaucoup d’emplois partiels Outre-Rhin), les économistes estiment que le plein emploi en France se situerait autour de 5 %. Impossible de descendre plus bas, en raison, entre autres, des spécificités liées au nombre d’emplois saisonniers relevant du tourisme sous toutes ses formes (littoral, intérieur, montagne…) dont le poids est prépondérant dans l’Hexagone.

Actuellement, le taux de chômage (demandeurs sans aucun emploi) se situe à 8,9 % en France, au dessus de la moyenne de la zone euro (7,9%) et la décrue amorcée s’annonce lente, très lente. Avec un premier espoir : retrouver le seuil des 7 %, barre symbolique que le pays n’a pas connue depuis quarante ans. Depuis la fin des années 70, marquée par la crise pétrolière et le crépuscule des Trente glorieuses.

Quelle région sera la première à atteindre ces 7 % ? A ce stade, la Bretagne et les Pays-de-la-Loire font la course en tête puisqu’elles sont créditées d’un taux de chômage voisin d’environ 7,2 %, très en deça du niveau national. Pour la Bretagne, sans doute faut-il y voir l’incidence bénéfique d’un tissu d’activités très diversifiée, avec un grand nombre de PME (ce sont elles qui créent le plus d’emplois) et une faible dépendance des investissements étrangers. Ils n’ont pas créé de grandes unités en Bretagne et ne provoquent donc pas de retentissantes fermetures, comme on peut en connaître dans d’autres régions.

L’ exode des jeunes peut-il aussi expliquer ce taux de chômage relativement faible ? Le constat est moins vrai aujourd’hui. Au contraire, la région (Rennes principalement) attire de plus en plus de jeunes, y compris de déserteurs de la région parisienne lassés des contraintes de la capitale.

Les deux régions de l’Ouest devraient donc être les premières à franchir le seuil des 7 % et les prévisions semblent le confirmer. Pole Emploi a publié récemment des chiffres étonnants sur le nombre d’offres d’emplois qu’elle recense par anticipation pour cette année 2019 : 136.000 en Bretagne, dont un grand nombre d’emplois saisonniers, il faut le préciser. Sachant que le nombre de demandeurs d’emplois est de 145.000 pour les quatre départements, les espoirs de baisse sont raisonnables.

Mais les chiffres que vient de publier Pole-Emploi sur le taux de chômage au premier trimestre 2019 indiquent que la baisse est moins forte en Bretagne (-0,2%) qu’au niveau national (-0,5%). La région, de toute évidence, entre dans la zone de résistance des 7 %…

René Perez
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