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Entre Chirac et les Bretons le courant passait

Le chef de guerre et son héritier. Charles de Gaulle et Jacques Chirac ont été, sans conteste, les deux présidents de la Ve République les plus populaires en Bretagne. Quand il traversait la région à l’arrière de sa DS noire, le Général était partout salué par des foules nombreuses. Quand il arrivait dans les campagnes, Chirac faisait passer un courant de sympathie qu’aucun autre président ne parvint à égaler.

Giscard ? Pour éviter la gadoue, il arrivait à la campagne en hélico au point que des paysans accrochèrent un jour des porcs aux pales de son appareil. Le préfet du Finistère sauta aussitôt. Mitterrand ? Il était trop distant et trop hautain pour s’enfoncer dans les chemins boueux. Sarkozy ? Il a tellement multiplié les embrouilles avec les Bretons que ça en devint caricatural. Quant à Hollande, l’image qui est restée est celle d’un homme seul sous la pluie de l’ile de Sein, proconçant son discours dans une situation tellement comique qu’elle enleva à la scène toute dimension présidentielle.

Défenseur des agriculteurs

Chirac, il est vrai, fut gâté pour ses débuts en Bretagne, première région agricole française. Son premier grand poste fut celui de ministre de l’Agriculture et le courant passa tout de suite avec le monde agricole. L’homme était chaleureux et d’une grande simplicité, multipliant les tapes dans le dos ou sur le cul des vaches. Mais il ne faudrait pas réduire cette relation à sa proximité avec les gens de la terre. Il fut aussi et surtout un grand défenseur des intérêts des agriculteurs, ce qui était un peu plus simple qu’aujourd’hui, à une époque où la mondialisation n’avait pas encore commencé à avancer comme un rouleau compresseur.

A ce titre, Chirac fut sans conteste le Président le mieux accueilli au Space de Rennes, ce salon de l’agriculture qui, chaque année, donne la température du monde paysan breton. Il y revint à plusieurs reprises et 11 septembre 2001, il était justement au Space de Rennes quand on lui apprit qu’un avion venait de toucher une tour à New-York. Puis un deuxième. Bouleversé, il rentra d’urgence à Paris.

Pilotin sur un navire

Avec le monde de la mer, il fut presqu’aussi à l’aise, lui qui dans sa jeunesse vécut quelques pérégrinations maritimes, notamment comme pilotin à bord d’un navire allant de Dunkerque à Alger. Il attacha de l’importance à la mer et c’est lui qui, comme maire de Paris, fit financer le canot SNSM de l’île de Sein, île chère à tous les gaullistes. C’est lui aussi qui, lors de la première cohabitation, imposa que le porte-avions nucléaire soit baptisé Charles-de-Gaulle et non Richelieu comme l’avait décidé les dirigeants socialistes quelques années plus tôt.

Il faut donc toujours à l’aise et toujours très à l’écoute quand il fit ses visites à la Marine nationale au titre de chef des Armées. On le vit visiter les bases, monter à plusieurs reprises sur le Charles-de-Gaulle (notamment pour la première sortie au large de Lorient) mais il lui fallut aussi se déplacer pour des circonstances plus tragiques, Comme en ce 19 juin 1998 où il préside, à la base de Lanveoc-Poulmic (29), l’hommage à Eric Tabarly, disparu en mer peu de temps auparavant.

Bien plus cultivé qu’il

ne le laissait croire

Si le courant est si facilement passé avec les Bretons, c’est sans doute aussi parce que Jacques Chirac ne la ramenait pas. Il cultivait une modestie et une simplicité ostensiblement affichées, au point de se faire passer parfois pour plus inculte qu’il ne l’était réellement, pour se mettre au niveau de ses interlocuteurs. C’est tout de même rare, ce genre de comportement, en politique. Il s’étonnait de tout et donnait l’impression de tout apprendre de ceux qui l’approchaient. Et pourtant, c’était un grand érudit. Un homme de culture vouant une véritable passion aux anciennes civilisations de l’Asie. Une passion qu’il partagea avec un élu breton de l’époque, Jean-Yves Cozan, le Ouessantin à l’écharpe blanche, avec lequel il échangea souvent sur ce centre d’intérêt peu banal.

Et c’est avec un autre Breton, François Pinault, qu’il entretint une longue et profonde amitié, jusqu’au bout, peut-être justement parce que l’ex-grand patron était un grand collectionneur d’art. Après sa carrière, Jacques Chirac revint à plusieurs reprises passer des vacances chez les Pinault, à Dinard, manifestant ainsi à la région Bretagne une amitié qu’elle lui a souvent rendue.

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1 Commentaire
  1. Iffik

    Baratin!! Il a refusé l’intégration des écoles Diwan à l’éducation nationale!! Un ripoux, un voleur et un branquignole incompétent ….

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