Charrues. Macron refera-t-il le coup de Lang ?

Emmanuel Macron devrait être vendredi aux Vieilles Charrues. En ces temps de positionnement pour l’échéance présidentielle, on ne devrait pas tarder à savoir si oui ou non le trublion du gouvernement a l’intention d’y aller. En attendant, le ministre sélectionne ses déplacements et balise le parcours d’un présidentiable, pour 2017 ou la suivante.

On ne s’étonnera donc pas d’apprendre ce déplacement à Carhaix, juste au moment où le premier festival de France sera en pleine effervescence devant des dizaines de milliers de jeunes cerveaux en mode extatique. Mais Macron a un alibi en béton pour ceux qui n’y verrait qu’un déplacement de pré-campagne : il vient participer au Web West Festival. En marge des Charrues, le grand-rendez vous du numérique et de l’innovation va réunir un bataillon de têtes chercheuses et de promoteurs de la startuperie française, aujourd’hui réputée dans le monde pour sa créativité. Cette manifestation fera opportunément le lien entre les deux grands événements finistériens puisque le coup d’envoi du WWF breton sera donné mercredi soir, à Brest 2016.

Dans cet incubateur à neurones, Emmanuel Macron devrait être en terrain conquis. Il a la cote dans ces milieux qui louent son audace et ses envies itératives de renverser la table. Mais il ne manquera pas non plus de se montrer aux Charrues où bien des hommes et femmes politiques sont venus prendre un bain de jouvence. Mais on conseille au ministre de l’Economie d’éviter de refaire le coup de Lang qui, en 2006, avait raconté d’une drôle de manière son passage aux Charrues.

Alors que l’élection présidentielle de 2007 se profilait, Jack Lang avait affirmé, dans une interview à L’Obs, qu’il était monté sur la grande scène des Charrues pour saluer Djamel Debbouze et qu’il avait soudain entendu 50.000 spectateurs crier « Jack président ! ». Souffrant visiblement du syndrome de Jeanne d’Arc, le ministre s’était attiré des tonnes de sarcasmes et des démentis rigolards car personne ne l’avait vu monter sur scène et encore moins entendu une foule en délire criant « Jack président ». Dans une mise au point un peu piteuse, Jack d’Arc avait du reconnaître qu’il avait un peu extrapolé le succès de sa journée aux Charrues où, il est vrai, l’accueil était toujours chaleureux à son égard.

On déconseille donc à Emmanuel Macron de donner une interprétation trop personnelle de l’impact de son passage au festival breton où, rappelons-le, on ne fait pas de politique. La consigne vaut pour tout le monde. Y compris pour le régional de l’étape, Christian Troadec, maire de Carhaix. Lui, il a déjà annoncé sa candidature à la Présidence de la République…

René Perez
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