Charles Kergaravat (à droite) et les trois gagnants.

Charles Kergaravat (à droite) et les trois gagnants.

Charles Kergaravat, le New Yorkais qui veut faire bouger la Bretagne

Cette semaine, trois start-up bretonnes (NDMAC Systems, B.Sensory et Klaxoon) sont à New York. Elles ont remporté le Breizh Amerika Startup Contest et profitent d’un séjour au cours duquel elles vont rencontrer et échanger avec la fine fleur des communautés startups et tech américaines. Derrière cette opération originale, on trouve Charles Kergaravat, un New Yorkais né de parents bretons, venu s’installer récemment en Bretagne. Et qui a 1000 idées pour promouvoir la région.

La Bretagne, Charles Kergaravat l’a dans le sang. Avec un papa originaire de Gourin et une maman d’Elliant, tous deux émigrés bretons des années 60, vous nous direz, c’est déjà génétique. Certes. Mais pour ce gaillard né en 1976 dans le Queens, quartier multiculturel de New York situé à des milliers de kilomètres de l’Armor et de l’Argoat, le sentiment breton est viscéral. A quoi cela tient-il ? A son enfance dans le Queens justement, endroit où chacun arbore ses origines comme un général russe ses médailles, avec fierté et parfois ostentation ? Ou à ses vacances annuelles en Bretagne, lorsqu’enfant il venait chaque été avec ses parents dans la maison construite par l’arrière grand-père. Ou peut-être parce que lorsqu’il travaillait dans la finance , il ne supportait plus d’entendre des confrères Parisiens dénigrer la terre de ses ancêtres. A moins que ce ne soit un peu tout cela.

Le Bagad d’Auray sur la 5ème Avenue

En 2005, premier tournant. Charles décide de ranimer la communauté BZH à New York. Alors que le bal breton, institution new yorkaise, a lancé ses dernières notes au mitan des années 80, et qu’il n’existe alors plus grand-chose pour la diaspora bretonne, Charles participe à la création de l’association BZH New York afin « d’offrir une visibilité nouvelle à la culture bretonne » comme il l’explique. L’entraide, qui fut longtemps le moteur du communautarisme breton, laisse la place à quelque chose de plus revendicatif. Charles veut montrer la tribu Gwenn Ha Du à New York. Pari réussi : en 2007, le Bagad d’Auray défile sur la 5ème Avenue lors de la Saint- Patrick.

D’une avenue, Charles voit un boulevard, façon US : pourquoi ne pas penser plus grand ? Pourquoi ne pas faire défiler la Bretagne dans tous les Etats-Unis ? En 2014, il crée Breizh Amerika. Objectif de cette nouvelle association : « créer, faciliter, promouvoir et parrainer des projets culturels et économiques novateurs et d’entretenir des liens collaboratifs étendus entre les États-Unis et la Bretagne. » Sous l’égide de la nouvelle structure, il emmène la Bretagne dans ses bagages pour un premier USA Tour en 2015. Hénaff, Lancelot, Breizh Cola, le Festival Interceltique de Lorient, tout le monde suit cet événement culturel qui met à l’honneur musiciens bretons et américains.  La deuxième édition aura lieu du 13 au 22 mai. 7 villes, dont Chicago, Détroit et La Nouvelle Orléans sont au programme de ce Tro Breizh à la sauce US.

« En Bretagne, on peut tout faire nous-mêmes »

Désormais Charles organise tout cela depuis… Le Morbihan. Il y a quelques mois, il est venu s’installer entre Auray et Lorient avec sa femme Anne-Sophie, une bretonne 100 % pur beurre rencontrée à New York. Ce retour aux sources n’a pas tari ses ambitions. Au contraire. Pour la Bretagne et ses entreprises, il voit grand. Sa réflexion part d’un constat simple : « Economiquement, la Bretagne a énormément d’atouts. On n’a pas besoin de demander des permissions à Paris pour avancer. On peut tout faire nous mêmes ». Et même conquérir l’Amérique.

Pour ce faire, Charles a lancé la Breizh Amerika Startup Contest. Il s’agit d’un concours dont la finalité est de mettre en relation des startups bretonnes à fort potentiel avec des membres des communautés tech des USA. Il lance ce grand projet seul, avec ses propres moyens. Puis est rejoint par des partenaires tel le CMB. Il fait vite taire les sceptiques qui ne croient pas dans son opération. Les dossiers de candidatures affluent. Il en reçoit 46 en six semaines. « C’est très bien pour une première année » affirme-t-il. Trois sont sortis du lot, « ceux qui étaient à la fois le plus avancé dans leur projet et prêts à faire cette démarche », et ont convaincu le jury composé de chefs d’entreprises bretons et américains : NDMAC Systems, B.Sensory et Klaxoon. Tous sont partis en début de semaine à New York afin de suivre un programme intensif pour développer des liens, comprendre et se former au marché américain. Et peut-être trouver des investisseurs…

« Une entreprise bretonne peut conquérir les Etats Unis, j’en suis sûr. J’espère qu’un jour, on trouvera une licorne (jeune entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies valorisée plus d’un milliard de dollars avant cotation en Bourse.) en Bretagne. L’Ecosse en a déjà 2. Pourquoi pas nous. On peut le faire ».

On vous l’a dit : celui-ci va faire bouger les choses !

Julien Perez
1 Commentaire
  1. Tanguy

    Mr Charles avez vous toujours à New York qq appuis pour organiser à la St yves une exposition autour des costumes et broderies et dentelles avec l’histoire de cette mode en Bretagne et la révolte des pen sardines qui multiplia considérablement le développement de cette tradition bretonne .je suis marchand expert depuis plus de 40 ans et ami avec un femme passionnée et collectionneuse de dentelles et nous organisons des salons en Touraine et sur les bords de Loire depuis un vingtaine d’années salons exclusivement axes sur la broderie et les dentelles je suis actuellement en vacances sur carnac si une idée culturelle sur New York vous tente faites le moi savoir .cordialement jean-yves Tanguy

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