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Charentaises Rivalin. Une sacrée pointure !

Pantouflards assumés, casaniers revendiqués, nous sommes allés visiter les ateliers Rivalin, notre fabricant de charentaises de Quimper. Il y règne une telle atmosphère d’autrefois, qu’on vous assure un plaisir d’enfiler nos charentaises décuplé!

Cœur de Quimper. Nichés comme autrefois, dans une impasse derrière des habitations. Si le tour des ateliers Rivalin peut être assez rapide de par l’exiguïté des locaux, on se prend aisément à traîner nos guêtres. Cela sent bon le passé – on y fait d’ailleurs encore quelques sabots (10% de part de marché) – où se mélangent les tanins de bois et de cuir aux odeurs de teinture.

Ici, on s’en carre que les chariots de l’arrière-grand-père ne roulent plus très bien, on y tient trop. On chouchoute ses ancestrales bêtes de machines à coudre de types STS et Protos, d’où sortent des charentaises des plus traditionnelles.

Pierre, 45 ans de Rivalin

Il y a Pierre le Birbon aussi, qui bosse paisiblement dans son coin, dont on se demande s’il réussira à quitter la maison un jour. « Ca fait 45 ans que je suis là, j’ai vu naître Vincent… », lâche-t-il d’un sourire joliment tanné, les yeux rivés sur les chaussons qu’il fignole. Une intimité qui participe à toute la simplicité qui émane de cette petite entreprise labellisée Entreprise du patrimoine vivant (EPV).

Vincent, 4ème génération dans la charentaise

Vincent Rivalin, 40 ans, 4ème génération de la traditionnelle charentaise quimpéroise, a les pieds au chaud dans cette usine artisanale qui marche en flux tendus. « On produit à la commande. Mais on ne réussit pas à toutes les honorer. » Pour enrayer la doctrine « premier arrivé, premier servi » qui lui a collé à la peau cet hiver suite à un départ, trois nouvelles recrues prendront du service cette année, pour porter le nombre d’employés à 12.

Parmi eux, Bruno, 57 ans. La perle rare qui connaît parfaitement les machines qu’évidemment, les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. « Bruno sera notre mécanicien formateur attitré. Il va nous permettre de dégager plus de temps en production en réduisant le temps de formation à six mois, car jusqu’alors, il nous fallait trois ans pour que les filles soient OP (opérationnelles). » Ou les dessous de l’art d’un cousu retourné qui a la cote…

Derrière le confort, de précieuses couturières

Rivalin, qui en a fini des marques blanches (la production pour le compte d’autres marques), n’affichera désormais plus son savoir-faire qu’en nom propre. Car à y regarder Marie-Claire travaillant devant sa douilleteuse, on s’explique d’autant mieux pourquoi on est bien dans nos Rivalin. Des doigts de fée expérimentée. 36 ans à nous dorloter. Elle a déjà formé pléthore de jeunes filles, mais le fait est que « les employés du XXIè siècle ne restent plus, quels que soient le salaire et les conditions de travail, la jeunesse a besoin de découvrir et ne tient plus très longtemps en place », déplore Vincent Rivalin.

Personnalisation et objectif 100000 paires

Fabrication en 7 étapes et 7 minutes par paire. 500 paires de charentaises sortent chaque jour de la petite usine locale. « Nous en avons produit 70000 paires en 2018 et espérons atteindre la barre des 100000 fin 2019, voire 2020 », projette Vincent. Parmi les axes de développement, la personnalisation. « Si vous souhaitez une bordure ou une inscription spécifiques, on sait y répondre. »

De fait, ça foisonne de tissus et de motifs ici. A tel point qu’on en viendrait à vouloir étoffer notre gamme de chaussons… Qu’on se le dise: la franchouillardise n’a jamais autant brillé dans les maisonnées. C’est branchouille, ça s’assume et ça se revendique. « Les semelles en crêpe sont encore ce qui marche le mieux et les motifs écossais restent des produits phare! » assure Vincent Rivalin.

Coups de pub et partenariats

Fournisseur du PSG, d’A l’aise Breizh, du Slip français, Rivalin voit d’un bel œil ses nouvelles collaborations. « Ça donne un coup de jeune au classissisme du produit et les évolutions nous permettent de travailler avec des graphistes. » Joli coup de pub et grand bond outre-Atlantique pour le fabricant quimpérois: ses charentaises ont été promu sous les rayures d’Armor Lux par l’actrice Gwyneth Paltrow, au rang de « luxueuses pantoufles ».

Rivalin, 9, bis, impasse Le Noach, 29000 Quimper. E-mail: contact@rivalin.fr

Manon Motir
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