chanvere1

Le chanvre, la prochaine révolution ?

L'union fera-t-elle la force ?

Sans désespérer de voir un jour le chanvre voler la vedette à bon nombre de matières – disons moins honorables – la filière mise sur l’obtention de labels dont la certification « chènevis français » pour gagner en notoriété et valeur ajoutée. Nombreux sont les irréductibles qui croient dur comme fer en l’avenir du chanvre. Et à en voir le réseautage qui se forme autour de la plante aux niveaux régional et national, il y a matière à exploitation tous azimuts. Mais le chanvre atteint encore difficilement le consommateur.

Selon Gérard Lenain, administrateur de Construire en chanvre et formateur chez Tiez Breizh, la Bretagne compterait actuellement « environ 40 agriculteurs liés à la filière du chanvre. L’agriculture bio, gérée par Terra chanvre, [représenterait] à elle seule 120 hectares, soit une vingtaine de producteurs, contre quelques dizaines d’hectares en conventionnel et moins de 10 producteurs de semences ». Une quantité modeste, mais autosuffisante et proportionnelle aux besoins du marché breton où le développement de débouchés se fait attendre. En fait, les consommateurs n’ont pas encore intégré le chanvre et les producteurs, eux, se retrouvent bridés par un déséquilibre des marchés.

On n’en perd pas une miette

Le fait est que le chanvre est transformable de la tête au pied et que rien ne se perd. Un bien pour un mal pour l’agriculteur qui, s’il veut éviter les pertes et pouvoir gérer harmonieusement ses productions, « est astreint de vendre des quantités égales sur tous les marchés, sans quoi il réalise des pertes sèches », explique Gérard Lenain. Car chaque partie de la plante s’exploite indépendamment des autres.

Sa fleur est utilisée à des fins pharmaceutiques et alimentaires, de même que sa graine, que l’on appelle le chènevis et qui sert pour beaucoup à l’oisellerie et d’appât pour poissons. La chènevotte, c’est-à-dire la tige, est pour moitié destinée aux litières, mais aussi au bâtiment et au paillage, tandis que la fibre permet de réaliser des papiers spéciaux, de quoi lorgner le marché des billets de banque, comme ce fut le cas auparavant, de fabriquer des isolants, des plastiques biosourcés ou encore du textile, jusqu’aux poussières qui finissent transformées en énergies.

La plante écologique par excellence

Le chanvre, numéro 1 de la production de biomasse, est la plante écologique par excellence, argue-t-on dans le milieu. Ne nécessitant ni irrigation ni pesticide, elle offre une biodiversité améliorée par un système racinaire qui nettoie les sols et favorise leur fertilisation, tout en absorbant une grande quantité de CO2 durant sa croissance. Adaptée à tous types de sols, elle est particulièrement appréciée des agriculteurs bio, conférant aux terres une qualité exceptionnelle.

Alliée de l’être humain depuis le Néolithique, cette plante qui fut abondamment cultivée en Bretagne par le passé, a de l’avenir. À condition d’une éthique et d’une philosophie qui s’inscriraient dans une notion de développement durable individuelle, parallèlement à une volonté plus limpide de l’Europe, de basculer de l’économie de gestion des ressources épuisables, à une économie favorisant les matériaux renouvelables. Mais là, on n’y est pas…

Forte de ses atouts écologiques, agronomiques et écoresponsables, sa production mondiale s’élevait à 99 000 hectares en 2016. Et si l’Europe compte pour un tiers de la production mondiale, c’est tout de même la France qui en fournit le plus, comptant à elle seule 1414 producteurs et 16 400 hectares (soit + de 80 000 tonnes) selon les données 2017 d’Interchanvre.

 

Manon Motir
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider