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Chancerelle. Dans le poisson aussi, le bio fait recette

Au moment où le parc marin d’Iroise fête ses dix ans, un exemple local et concret vient conforter le concept même de pêche durable et responsable, dont le parc est un symbole à la pointe bretonne. Au coeur même de cette aire marine, le port de Douarnenez porte plusieurs siècles de tradition de la pêche à la sardine mais aussi un engagement, beaucoup plus récent, dans une pêche respectueuse de gestion et préservation de la ressource.

Elle se mesure dans des dispositions déjà prises par la pêche artisanale (notamment les ligneurs du Raz de Sein qui respectent un repos biologique pour le bar) mais aussi par la conserverie Chancerelle qui propose à la vente ce qu’à terre on appellerait des produits bio, car ils reposent sur la préservation de la ressource. Ici, depuis 2008, cette entreprise de 500 salariés s’est lancée dans le poisson éco-labélisé MSC (Marine Steward Council) qui atteste que la pêche de ces espèces s’est effectuée avec des pratiques et des tonnages garantissant un renouvellement de la ressource et donc une véritable pêche durable.

C’est le cas pour la sardine de Bretagne sud, désormais pêchée à la bolinche avec un tonnage limité qui a nécessité un accord entre Bretons et Espagnols, intervenant eux aussi sur cette zone. 27 bateaux sont concernés et leur bonne entente est indispensable si l’entreprise ne veut pas perdre ce précieux label, matérialisé sur les boites par un poisson bleu.

En hausse de 20 %

Née dans la moitié du 19e siècle, Chancerelle est l’une des plus vieilles entreprises bretonnes, sous la marque Connétable, et aujourd’hui l’une des plus en pointe sur ces concepts de poisson labellisé et de pêche durable. C’est du reste dans ce secteur de sa production que l’entreprise enregistre ses plus fortes progressions, avec une hausse de 20 % des ventes sur un an. Ces produits labellisés ne concernent encore que 10 % de l’activité totale de la société mais avec une très forte marge de progression au vu de cet essor qui s’est un peu fait attendre mais qui est aujourd’hui spectaculaire. Depuis deux ou trois ans, les Français tournent résolument leur regard vers le bio.

Le niveau de la production de la société reste étroitement dépendante des approvisionnements en poissons (pas de sardines, pas de conserves) ce qui suppose donc une grande flexibilité des équipes. Mais le savoir-faire exceptionnel du personnel (essentiellement féminin) et de bons approvisionnements ont assuré une hausse du chiffre d’affaire qui a doublé depuis 2009, dont 17 % à l’export. Sur cette même période, la société a réalisé 16 millions d’euros d’investissements dans l’usine de Douarnenez et, cette année, elle a fait appel à 70 intérimaires supplémentaires pour répondre à une demande dont la hausse repose aussi sur une bonne stratégie marketing.

René Perez
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