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CFTA. Cette compagnie privée qui gère des trains bretons

En ces temps de grève perlée à la SNCF et de polémiques virulentes sur l’avenir de la société nationale, une petite société bretonne quasi-inconnue remonte à la surface. La CFTA. Sur les lignes Carhaix-Guingamp et Guingamp-Paimpol, c’est elle qui gère le transport ferroviaire, en sous-traitance de la SNCF. Elle est la seule en France dans ce cas et son fonctionnement, pourtant sorti d’un autre temps, pourrait bien représenter une voie d’avenir pour des petites lignes.

D’abord CFTA, quesaco ? C’est la société générale de Chemins de Fer et Transports Automobiles, ex-société des Chemins de Fer économiques. Tout cela sent plutôt la Belle Epoque que le XXIème siècle, direz-vous. Et vous n’aurez pas tort. Cette société a été créée il y a plus d’un siècle lorsque le transport ferroviaire était assuré, sur tout le territoire national, par des compagnies privées.

Mais tout cela était tellement compliqué et hétérogène qu’en 1938 est créée la SNCF. C’est elle qui va prendre en charge tout le réseau hexagonal. Tout ? Non, en Armorique, un réseau résiste. La Société de Chemins de fer économiques qui deviendra plus tard la CFTA, garde son statut privé pour continuer à gérer l’historique Réseau breton qui n’assure du trafic qu’en Bretagne. Avec Carhaix comme point central, ce réseau se déploie en étoile sur cinq lignes partant vers Morlaix, Guigamp-Paimpol, Loudéac-La Brohinière (Ille et Vilaine), Rosporden et Chateaulin-Camaret, au bout de la presqu’île de Crozon.

Ce réseau va connaître ses heures de gloire dans les années 50 avec une augmentation sensible du fret qui fait monter l’effectif jusqu’à 800 agents , avec de gigantesques ateliers d’entretien à Carhaix. Puis le trafic se met à décliner, au rythme de l’exode rural qui va toucher les campagnes bretonnes. En 1967, seule la ligne Carhaix-Guingamp-Paimpol reste en circulation. Et elle tient toujours.

Pas le statut des cheminots

Si la SNCF est propriétaire des gares et des trains, c’est bien la FTA qui gère cette ligne bénéficiant, on s’en doute, d’un subventionnement élevé, essentiellement de la part de la Région-Bretagne. Sans ce soutien, on ne voit pas très bien comment une telle ligne pourrait exister avec un nombre de passagers limité mais des structures lourdes qu’il faut constamment entretenir.

Il faut dire que sur cette ligne, les agents participent à des tâches diverses. Le conducteur de l’autorail se charge aussi d’entretien et certains agents passent du guichet au contrôle dans la train, et d’autres à la maintenance, y compris celle de la voie ferrée et des passages à niveau. Un mode opératoire qui rend cette ligne beaucoup moins chère qu’une liaison SNCF, d’autant que le statut des cheminots n’a pas court. Ici, un conducteur de train part à 60 ans, pas à 52.

Cette petite compagnie, filiale de la Transdev qui appartient à Véolia et à la Caisse des Dépôts et Consignations, emploie 80 personnes, si on y a joute sa section transports routiers qui assure du fret sur une petite flotte de semi-remorques. Peut-elle constituer un exemple pour le maintien de petites lignes sur le territoire national ? Rien d’acquis, mais en ces temps d’interrogations sur l’avenir du chemin de fer, cette petite compagnie bretonne attire soudain la curiosité.

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