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Céréales : le marché va devoir gérer le retour à une production normale

Si la Bretagne n’occupe que la 9ème place dans la hiérarchie des régions françaises productrices de céréales (580 000 hectares), elle est en revanche une grande consommatrice car, évidemment, les céréales sont primordiales dans l’alimentation animale. Un chiffre illustre cet état de fait : sur les neuf millions de tonnes de céréales utilisées par l’industrie de la nutrition animale chaque année, quatre millions le sont par les fabricants d’aliments du bétail bretons. L’économie agricole bretonne est donc largement concernée par l’évolution des marchés céréaliers.

Elle a donc eu, au cours de la campagne atypique qui vient de s’achever, à en éprouver les aléas, voire le paradoxe, à savoir que l’une des plus faibles récoltes, de blé notamment, de ces 30 dernières années n’a pu obtenir que des petits prix, enfermée dans un marché mondial pléthorique et baissier. Ce marché devrait s’alléger cette campagne, mais les stocks existant limitent le potentiel de hausse des cours.

La production française de blé tendre, selon le ministère de l’Agriculture se situerait à 36, 2 Mt contre l’affligeant 27,8 Mt de l’an passé. Ce chiffre sera affiné, au cours des prochains mois, mais une capacité d’offres normale est pratiquement assurée. Avec un stock de début de campagne estimé par FranceAgriMer, à 2,77 Mt, ces disponibilités ne devraient pas poser de problèmes d’écoulement particuliers, permettant notamment de disposer d’un disponible exportable plus en rapport avec nos volumes d’échanges habituels après les médiocres 5 Mt sorties à destination des pays tiers en 2016/2017. Cela supposera néanmoins le rétablissement de certains courants commerciaux abandonnés, faute de munition, la dernière campagne ; l’argument qualité sera, pour ce faire, très important.

La production d’orge rebondirait de 1,8 Mt, à 112,2 Mt, après la débâcle de la récolte 2016. Pour cette céréale, un effort à l’exportation sera nécessaire, car avec un report de stock de1 Mt, l’offre sera plutôt copieuse. La forte demande des fabricants d’aliment du bétail (1,6Mt) a beaucoup participé, en 2016/2017 à soulager le marché. En toute première vue, la nouvelle campagne de céréales à paille laisse espérer un certain équilibre dans un marché mondial un peu moins encombré. Mais le pari sur la pérennité de la hausse des prix qui se manifeste depuis quelques semaines paraît encore risqué.

Pierre Gautron - agence Socopag
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