Centre-villes en déclin. La Bretagne plus touchée

Des habillages de vitrines en trompe-l’oeil ne suffisent pas à masquer la situation : les villes bretonnes sont très touchées par le déclin du commerce de leur centre-ville. De fausses vitrines sont venues redonner un peu de couleurs à certaines rues balisées de panneaux « A vendre » du plus mauvais effet. Mais la réalité est là.

En Bretagne, sur ces dix dernières années, ce sont Quimper, Saint-Brieuc et Lannion qui ont perdu le plus d’emplois dans leur centre, selon une étude de l’Insee, souvent au bénéfice de leur périphérie. Et toutes les villes, petites et moyennes de Bretagne sont logées à la même enseigne, à quelques notables exceptions comme Saint-Malo, Auray ou Quimperlé. Ailleurs, les centres se dépeuplent commercialement soit parce que le commerce en ligne lamine certains secteurs d’activité (vêtements, chaussures…), soit parce que les commerces migrent vers la périphérie pour avoir des places de parking. C’est le cas dans l’alimentaire, notamment pour les boulangeries cherchant par exemple à s’installer dans d’anciennes stations services. Idéal pour la configuration des lieux, avec parking assuré.

A en croire l’Insee, la Bretagne est particulièrement touchée au point de figurer sur le podium de la décroissance commerciale urbaine, après les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine. Mais l’institut se contente de données statistiques sans avancer d’explications à ce particularisme, particulièrement visible dans le cas briochin. La zone commerciale de Langueux, dès les années 80, était déjà l’une des plus importantes de France et sa proximité de Saint-Brieuc, suffit à expliquer le siphonnage dont a été peu à peu victime le centre du chef-lieu. On notera au passage que cette zone de Langueux fut un des principaux points de fixation bretons des gilets jaunes, dans les premiers mois de la crise. Les samedis y furent souvent tendus.

Alors s’il faut tenter une explication à ce déclin des centres-villes, peut-être faut il aller la chercher du côté de l’habitat breton, le plus dispersé du pays en raison du maillage agricole qui a entraîné les multiplication et le développement des hameaux. Le commerce en périphérie est donc le meilleur compromis pour attirer tout à la fois la clientèle des villes et des champs. Mais peut-être faut-il aussi y voir la puissance des réseaux des centres Leclerc et Intermarché, crées par des Bretons, qui ont fortement impulsé ces mouvements vers la périphérique urbaine bretonne. Parfois au grand dam des instances locales, rejetant les demandes d’implantation ou d’extension en commission départementale d’urbanisme. Mais par des tours de passe-passe généralement obscurs, la commission nationale donnait, elle, une avis favorable. La proximité des sphères de pouvoir résoud parfois bien des problèmes.

René Perez
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