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En Centre-Bretagne, la fibre optique fait recette

C’est le chantier le plus important actuellement dans l’Hexagone. Le déploiement de la fibre optique mobilise des dizaines de milliers de personnes en France et les besoins en main d’oeuvre sont énormes. 20.000 postes à pourvoir, en cette année 2019, dans tout le pays et les entreprises peinent à recruter. C’est le cas en Bretagne où l’accès internet à très haut débit fait de cette région l’une des plus homogènes en couverture globale pour remplacer l’ADSL à faible débit.

Dans les villes et les zones denses, ce sont les opérateurs eux-mêmes (Orange essentiellement) qui assurent le déploiement, avec l’assurance d’un bon retour sur investissement. En revanche, pour les zones rurales, les opérateurs sont nettement plus réticents. Les travaux sont beaucoup plus importants pour un nombre réduit d’abonnés, ce qui ne les encourage nullement à se lancer dans des programmes aventureux.

C’est cette absence d’engagement dans les zones rurales qui a incité les collectivités bretonnes (région, départements, communautés de communes…) à créer un syndicat mixte public-privé, présidé par Loïc Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne. Objectif : financer le déploiement de la fibre optique à très haut débit dans l’ensemble de la Bretagne non couverte par les opérateurs eux-mêmes. Un très lourd investissement qui se chiffrera entre 1,5 et 2 milliards d’euros à échéance 2030, quand 1,2 millions de foyers bretons seront connectés.

Des chantiers sur plusieurs sites

Baptisé Mégalis et mené techniquement par THD Bretagne (une filiale d’Orange), le programme de déploiement a débuté en 2016 et ne se déroule pas comme la pose de rails de chemin de fer sur un itinéraire tracé. Avec la fibre optique, des chantiers sont ouverts sur plusieurs sites bretons et on entre maintenant dans le rythme de croisière. 70.000 foyers ont été connectés depuis 2016 mais on va maintenant passer à un rythme d’environ 100.000 par an pour voguer vers le 1,2 million programmé pour 2030.

Et à ce jour, les retours sont nettement plus favorables que prévu en Centre-Bretagne. C’est Loïc Chesnais-Girard qui lui-même l’affirme : « On tablait sur 10 à 15 % d’abonnés dans les communes couvertes, on en est entre 30 et 40 %, nettement au dessus de nos objectifs ». La commune de Saint-Connec, dans les Côtes d’Armor, décroche même le pompon actuellement avec un taux de 70 % de foyers abonnés sur cette commune désormais entièrement couverte.

Un gros succès qui va avoir une incidence sur le financement du programme puisque la part des opérateurs privés va mécaniquement augmenter. Elle devrait se situer entre 20 et 25 % de l’investissement total, ce qui allègera la facture des collectivités locales. D’autant que d’autres opérateurs, attirés par ce succès indéniable, manifestent l’envie de venir à leur tour participer à cette vaste opération de déploiement.

 

 

Pierre Vincent
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