Centre-Bretagne. Les druides et les saints font bloc

 

En ces premiers rayons d’août, le Centre-Bretagne a plongé profondément dans ses racines millénaires avec un double événement quasi-simultané : le rassemblement des druides contre les projets de mines et la nouvelle arrivée de saints à Carnoët, ce sanctuaire breton qui accueillera l’an prochain sa centième statue géante.

Premiers à entrer en scène, samedi, les druides de Bretagne ont symboliquement choisi Merléac (Morbihan) pour un rassemblement druidique de protection de la nature. C’est une cérémonie très habituelle chez les druides, bardes et ovates de Bretagne, à cette différence près que cette communion avec la nature visait à apporter une protection contre les projets de mines, à Merléac comme en plusieurs sites bretons concernés par les demandes de permis pour l’extraction de métaux.

Ils soulèvent, on le sait, une vive contestation en Bretagne, saisie par toutes les problématiques environnementales depuis le traumatisme des algues vertes. Mais il faut dire aussi que le passé ne plaide guère en faveur des sociétés minières qui, à travers le monde, ont souvent laissé les sites d’extraction dans un état déplorable. Mais durant ce cours rassemblement, par de discours véhéments, pas d’invectives, ni menaces. Les druides, entourés d’environ 200 personnes, ont symboliquement fait le cercle traditionnel et opposé le silence aux projets de fouilles dans les entrailles du Centre-Bretagne.

Les saints, eux aussi étaient bien entourés, le lendemain dimanche à Carnoët. C’était le Kan ar Vein (le Chant des pierres), cette journée d’inauguration de toutes les statues de saints érigés durant les douze mois écoulés. Ils sont quatorze au total et maintenant que le site approche de la centaine de statues, on entre dans la catégorie des prénoms de saints bretons peu usités. Il y a là Aloue, Ave, Bothmaël, Donatian, Rogatian, Eliboubane, Ieck, Leri, Maeog, Moe, Ninnog, Nouga, Riwanon, Tei, Tenenan et Uzeg.

Randonnée, conférences et concert ont marqué cette journée inaugurale dans ce sanctuaire qui prolonge la tradition bretonne de sanctifier par voix populaire, sans l’onction de Rome. Mais ces statues géantes symbolisent aussi la pratique millénaire de la taille du granit, celle que les druides ont aussi célébrée par leur cérémonie de protection des sols bretons.

René Perez
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