CCI Bretagne. Du reuz dans le vestiaire

On se croirait à l’Olympique de Marseille. Il se passe toujours quelque chose dans les coulisses de la Chambre régionale de commerce et d’industrie (CRCI) , née de la réforme de 2010 qui a décidé le regroupement des chambres territoriales au sein d’une même instance régionale.

En Bretagne, la sérénité de l’union avait d’abord été contrariée par le choix du siège du nouvel organisme fort de 1.600 salariés sur les quatre départements et de 116.000 entreprises représentées. Les Finistériens avaient  fait le forcing pour que Brest soit choisie puisque les trois chambres de ce département (Brest, Quimper, Morlaix) avaient le champ d’intervention le plus actif de Bretagne, grâce notamment aux ports et aéroports Mais dans un mouvement désormais irréversible, même le poids des instances économiques de la pointe bretonne n’avaient pas suffi. Rennes l’avait emporté, sous l’impulsion d’un axe Ille-et-Vilaine-Morbihan qui avait offert le fauteuil de président à Alain Daher, président de la CCI des Côtes-d’Armor. Le tour était (bien) joué et les Finistériens en minorité.

La suite ne fut pas beaucoup plus sereine dans une atmosphère, il est vrai, appesantie par les ponctions opérées par l’État sur toutes les CCI de France. Moins de ressources financières et donc plus d’austérité à partager, c’était la quasi-assurance de bisbilles en Bretagne. Elles ne manquèrent pas, avec les griefs adressés au président Daher, accusé de mettre trop de moyens à la disposition de la CRCI au détriment des chambres territoriales. A la manœuvre, se trouva à nouveau le tandem Ille-et-Vilaine-Morbihan dont la pression finit par entraîner Alain Daher vers la sortie. Il démissionna de lui-même.

Dernière minute

Qui pour le remplacer jusqu’à la nouvelle élection ? Dans un souci d’apaisement, c’est le Quimpérois Jean-François Garrec qui fut désigné, connu pour son goût du consensus. Et forcément, JFG s’est porté à nouveau candidat quand arriva l’échéance du renouvellement, en ce mois de décembre 2016. Devant lui s’ouvrait un boulevard car aucun autre postulant ne se manifesta sur la route du sacre promis.

Et pan ! Au tout dernier moment, Rennes sort un candidat de sa poche comme un polichinelle d’un tiroir. Benoit Cabanis défie Garrec, avec le soutien de l’axe Ille-et-Vilaine-Morbihan, majoritaire en voix à la Chambre régionale (22 sur 38). Le quimpérois en est donc à faire une croix sur la présidence au moment du vote. Mais il faut croire que certains élus consulaires n’ont pas voulu aller jusqu’au coup de Jarnac puisque le sortant intérimaire a finalement été réélu par 20 voix contre 18. A une près.

Jean-François Garrec conserve donc son fauteuil mais ce nouvel épisode dans les vestiaires de la CRCI laisse supposer qu’une fracture est désormais bien réelle et qu’elle va laisser quelques séquelles.

Pierre Vincent
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