vallée des saints

Carnoët. La multiplication des saints

Si on compte bien, cela fait maintenant 78… 78 statues géantes de saints bretons dans la Vallée de Carnoët, cet endroit devenu en quelques années un haut lieu de la mythologie bretonne et un site touristique de plus en fréquenté. Le record de 130.000 visiteurs en 2015 sera à nouveau dépassé cette année, même si ce mois d’août a plus incité à gagner les plages que les sites verdoyants du Centre-Bretagne où cette Vallée des Saints avance à pas de géants. La preuve avec ces 15 nouveaux saints récemment installés et inaugurés, dont on sait qu’ils doivent plus leur sanctification bretonne à la vox populi qu’à la béatification papale.

Mais qui sont-ils ces nouveaux saints ? Il y a là, Nikodem, saint protecteur du bétail dont plusieurs chapelles bretonnes portent le nom (Pluméliau, Lannion). Plus loin Tunvez, sainte patronne de Kérity (Penmarc’h) et de Nevez mais aussi des marins cap horniers et des marins au long cours. Puis Melar, fils de saint Miliau, roi de Cornouailles au VIè siècle. Tous deux furent décapités par Rivod, frère de Miliau, dont l’esprit de famille était visiblement assez étroit.

Parmi les nouveaux entrants figurent aussi Enora, princesse galloise, épouse de saint Efflam, sainte patronne des nourrices et des femmes enceintes ainsi que Maël, neveu de saint Patrick, évêque en Irlande. Ou encore Karadeg, originaire du Pays de Galles, qui aurait guéri un seigneur païen, lequel décida aussitôt de se convertir. Il y a là également Ernog, futur fondateur de Landerneau, qui aurait traversé la Manche sur un bateau de granit, ou encore Moë, moine irlandais du Vie siècle. Ces saints, parmi bien d’autres, rappellent que la plus grande partie du sanctuaire breton est originaire d’ Outre Manche et se situe au temps des grandes migrations celtes  vers l’Armorique des Ve et VIe siècles.  Parmi les nouveaux venus figurent aussi Riok, qui aurait combattu un dragon dès l’âge de deux ans aux côtés de saint Derrien et qui terminera ses jours à l’abbaye de Landévennec et Laouénan, disciple de saint Tugdual dont le nom vient du breton «  laouen », qui signifie gai, joyeux…

Mais il serait tout de même injuste de citer tous ces nouveaux entrants sans rendre hommage aux sculpteurs qui ont contribué, cette année, a étoffer la Vallée des Saints. Ils ont nom Inès Ferreira, Jacques Dumas, Philippe Leost, Olivier Lévêque, Cyril Pouliquen, Kito et Kevin Antoine, Seenu Shanmuggan, Vivien Gamba, Patrice Le Guen et Bruno Guyader.

Pierre Vincent
2 Commentaires
  1. Nestor Makhno

    Je reste très mitigé face à ce projet, quel est son message ? il y a t-il un message ? Sans doute pas, la plupart des personnages étaient des sages, plein de connaissance, sur la nature, la forêt, la pierre. Ils se sont coulés dans une nouvelle culture sans doute simplement pour sauver leur intégrité. Que vaut 1500 ans de christianisme après 3000 ans de culture celte ? Avec les apports des philosophes grecs, des juristes romains. La sécularisation du monde était contenue dans l’enseignement de ces sages. Les appelés « Saints » est un abus de langage car semblable à un crypto-prosélytisme. Alors, une escroquerie morale ? Peut-être, en tout cas, pas bien clair. Ou alors une histoire de sous, une façon de développer un territoire ? Enfin, les seuls qui méritent un coup de chapeau, ce sont les sculpteurs, car eux au moins, travaillent de leurs mains.

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