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Carhaix. Le Chinois Synutra veut une deuxième usine

En bordure de l’axe central, à hauteur de Carhaix, la taille des bâtiments est impressionnante. L’usine Synutra de production de poudre de lait infantile, destinée au marché chinois, est maintenant bien inscrite dans le paysage du Centre-Bretagne. Mais le site, qui a nécessité 200 millions d’investissements et emploie près de 300 salariés, devrait s’étoffer avec la construction d’une deuxième usine, dans le prolongement de la première, ainsi que l’avaient déjà laissé entrevoir les dirigeants du groupe chinois, en 2016.

Leur perspective vient de se confirmer avec la demande de permis de construire, déposée le 18 décembre dernier, par la direction du groupe qui entrevoit, à l’horizon 2020-2021, la mise en service d’une seconde usine, cette fois de production de lait UHT, destinée elle aussi au marché chinois. Cette unité s’étendrait sur une surface couverte d’environ 33.000 M2 (trois terrains de foot), sur un terrain de 300.000 M2 et entraînerait la création de plusieurs centaines d’emplois.

Cette surface viendrait empiéter sur le site actuel des Vieilles Charrues, là où se déploie le grand camping du festival. Mais les organisateurs ont d’ores et déjà reçu l’assurance de recevoir en contrepartie d’autres terrains disponibles dans ce vaste secteur, pour les besoins d’hébergement des festivaliers.

Contexte défavorable

A vrai dire, cette demande de permis de construire a quelque peu surpris, dans un contexte plutôt défavorable. On se demandait effectivement si les dirigeants chinois allaient confirmer cette seconde usine alors que plusieurs éléments menaçaient de contrarier leurs plans.

D’abord, il y a ce marché du lait très incertain, pour ne pas dire chaotique quand on voit se télescoper la surproduction en Europe et la pénurie de beurre et de matière grasse qui a secoué les rayons des supermarchés. C’est moins vrai du côté de la Chine mais la Sodiaal qui fournit en lait l’usine carhaisienne a fortement diminué ses apports, ces derniers mois, en raison d’une baisse de la demande de l’usine. Les livraisons annuelles (280 millions de litres, 700 éleveurs) ont été divisés par deux ces derniers mois. La coopérative a heureusement d’autres débouchés.

Le second frein tient à la multiplication des unités de production de lait à destination du marché chinois. Plusieurs usines récemment ouvertes ou en cours d’achèvement en régions françaises, notamment en Normandie, pouvait laisser supposer que la seconde usine carhaisienne aurait du plomb dans l’aile. A priori, il n’en est rien.

Enfin, on n’oubliera pas que l’usine Synutra de Carhaix a été secouée, ces derniers mois, par un malaise social, avec départs d’employés, grogne à la base et remise en cause de certaines méthodes de management. Les Asiatiques sont connus pour ne goûter que très modérément les mouvements sociaux, a fortiori dans les entreprises.

Mais il faut croire que ni cette grogne, ni la surproduction, ni la multiplication de sites de production n’ont douché l’enthousiasme des investisseurs chinois, décidés, semble-t-il à doubler la mise sur Carhaix.

Pierre Vincent
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