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CardioLogs. La cardiologie révolutionnée par un Breton ?

Yann Fleureau , et son camarade Antoine Herlin, ont créé CardioLogs, une start-up qui développe un outil de diagnostic médical automatique pour interpréter les électrocardiogrammes (ECG). Yann, originaire de Kerlouan dans le Finistère, n’est à la base ni cardiologue, ni chercheur, mais il a développé une solution révolutionnaire.

Cardiologs, c’est quoi ?

Cardiologs, c’est une solution pour faciliter l’aide à la décision médicale grâce à des technologies d’intelligence artificielle. En cardiologie, des décisions difficiles doivent être prises et peuvent être réalisées uniquement par quelques cardiologues ou quelques médecins spécialistes. Notre objectif, c’est de rendre l’accès à l’expertise accessible à tout le monde, et à n’importe quel moment. Un spécialiste en cardiologie détecte entre 90 et 130 troubles cardiaques grâce à l’ECG tandis qu’un généraliste ne pourra en général en détecter qu’une dizaine. Notre solution peut aider.

Parce que les mauvaises analyses sont fréquentes ?

Ça n’arrive pas tous les jours mais le cas que l’on présente généralement est celui d’une patiente qui a séjourné dans un des meilleurs hôpitaux des USA et qui est décédée suite à une erreur d’analyse d’ECG. Si cela arrive dans ces conditions, imaginez dans d’autres pays. Aujourd’hui, nous sommes en tests au Sénégal où des patients situés dans en zones rurales ont été diagnostiqués suite à des douleurs. Les médecins sur place, à cause des symptômes (crampes abdominales), ont diagnostiqué des intoxications alimentaires alors qu’ils étaient en fait en train de faire un infarctus…

Comment fonctionne Cardiologs ?

La technologie que l’on développe s’appelle le « deep learning» (le deep learning est une technique d’apprentissage permettant à un programme, par exemple, de reconnaître le contenu d’une image ou de comprendre le langage parlé NDLR). Des algorithmes sont déjà utilisés dans la reconnaissance de visages et de voix sur Facebook ou Google. Nous sommes les premiers en cardiologie à l’appliquer à l’électrocardiogramme. Nous sommes la première société à avoir eu l’accord de l’UE pour utiliser un produit d’une technologie de ce style.

Votre solution repose sur la collecte de données. Comment faites vous pour les récolter ?

Les bases de données publiques regroupent au maximum 1000 patients. Pour aller plus vite, nous avons fait des deals avec des partenaires de recherches et des hôpitaux aux Etats-Unis. Le deal consiste à ce que l’hôpital nous transmettre les résultats des examens (ECG + analyses) totalement anonymes. Nous avons des métadonnées (homme ou femme), mais l’anonymat médical est très strict aux USA. Cela nous a pris un ans pour arriver à 100 000 patients dans notre base de données. Aujourd’hui, nous avons développer des technologies très avancées d’apprentissage. Bien sûr, nous continuons à demander à nos clients si l’on peut utiliser leurs données de manière anonyme afin de continuer à améliorer notre service.

Vous êtes installés au Etats-Unis, à San Francisco. Les Etats-Unis, c’est un marché prioritaire ?

En cardiologie, les USA représentent la moitié du marché mondial. Tous les leaders de la cardiologie sont actuellement Américains. Aujourd’hui, nous poussons sur ce marché car, en plus d’être un marché large, il y a un remboursement est déjà mis en place. Nous faisons partie des premières sociétés à avoir le droit d’aller sur le marché Américain : on ne va donc pas se priver.

Cardiologs, c’est l’intelligence artificielle. Pourra-t-elle remplacer le médecin un jour ?

Nous n’avons pas du tout la prétention de prendre la place du médecin ou de gérer la relation avec le patient. Le médecin est quelqu’un qui sait gérer un sujet sans réponse, il a une responsabilité sociale auprès du patient que l’on n’aura jamais et que même la meilleure intelligence artificielle n’aura jamais. Le vrai objectif, c’est de multiplier par 1000 la connaissance médicale dans les 10 prochaines années. La machine sera là pour gérer la partie très technique et le médecin aura plus le rôle de chef d’orchestre et de stratège.

Julien Perez
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