Brittany Ferries. Comment résister à ces vagues scélérates ?

Les milieux économiques britanniques ont été sidérés. Surtout ceux du tourisme et de l’aérien qui ont véritablement hurlé ! Et il y a de quoi. Quand Boris Johnson a décidé d’imposer une quatorzaine à toute personne arrivant au Royaume-Uni (même si elle est d’origine britannique), il a été accusé de tirer une balle dans le pied de sa propre économie.

Mais par ricochet, c’est une autre vague scélérate qui est venue percuter la Brittany Ferries, navire breton engagé sur des flots déchaînés comme jamais. Déjà avec le vote en faveur du Brexit, le temps s’était sérieusement gâté pour une compagnie qui transporte 80 % des Britanniques dont la monnaie nationale, la livre sterling, a soudain perdu de sa valeur. Moins de pouvoir d’achat, c’est moins de voyages à l’étranger et l’activité de la compagnie s’en est ressentie.

Et ce n’était que la première vague. La seconde à venir du Royaume-Uni est à attendre à la fin de l’année quand il larguera définitivement les amarres. Rien de bon en perspective, surtout si c’est un « no deal » (pas d’accord) qui met un point final à la présence des Britanniques au sein de l’Union européenne.

Là dessus survient une vague monstrueuse que personne n’avait vu venir : le coronavirus. Une épidémie comme on n’en a pas connue depuis un siècle, qui a mis toute l’économie mondiale sur les genoux et des milliards d’humains en confinement forcé, avec suspension des voyages internationaux. On imagine le choc pour une compagnie de transports maritimes comptant 2.000 navigants et 800 employés à terre, des deux côtés de la Manche.

Et donc, juste au moment où une lueur d’espoir commençait à poindre avec la fin du confinement dans la plupart des pays européens, voilà la quatorzaine de Boris Johnson venant s’écraser sur les flancs du navire pourtant déjà bien secoué.

Dans une pareille tempête, on se demande bien sûr comment la Brittany Ferries réussit encore à tenir la mer. Plusieurs éléments ont heureusement servi de stabilisateurs dans le gros temps. En premier lieu le dispositif de chômage partiel rapidement mis en place par le gouvernement. Il a évité le pire. La compagnie a également obtenu un prêt de 120 millions d’euros, octroyé par un consortium de banques, pour payer les salaires de cet été. Mais cela suffira-t-il ? Avec cette succession de vagues scélérates, Brittany Ferries pourra-t-elle s’en sortir sans lancer un SOS à l’État et à l’Europe ?

René Perez
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