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Brexit. Sale coup pour la Bretagne

C’est vraiment pas de bol ! Nous autres Français qui avons une balance commerciale structurellement déficitaire, sommes en revanche très largement excédentaires vis-à-vis du Royaume Uni qui nous achète bien plus qu’il ne nous vend. Et vlan ! Voilà que nos voisins Britanniques claquent la porte, que leur livre sterling fait le plongeon et qu’on reparle de droits de douane et de toutes ces sortes de choses qui sont autant d’entraves au commerce international.

En Bretagne, on a donc de légitimes questions de s’inquiéter et tout va dépendre du niveau auquel se stabilisera la livre sterling. Hier, elle a fait la culbute et variait d’heure en heure mais en perdant au moins 10% de sa valeur, ce qui renchérit mécaniquement de 10% tous les produits et services bretons sur l’export.

Mer agitée

Et c’est d’abord du côté de la mer, trait d’union avec les iles britanniques, que se tournaient les regards. Avec, en figure de proue, une entreprise hautement symbolique : la Brittany Ferries. Créée jadis pour le transport des légumes de l’autre côté du Channel, elle est devenue un poids lourd de cette pointe bretonne qui a beaucoup souffert ces dernières années.

Et comme ce fut déjà le cas lors de précédentes chutes de la livre sterling, notamment en 2009, on sait que la compagnie va traverser une période difficile. Sa clientèle est à 80% Britannique et pour tous ces passagers, le nouveau taux de change va faire augmenter les tarifs de 10%. Avec les conséquences que l’on devine mais tout de même un effet positif : le Royaume Uni devenant moins cher, la clientèle française sera sans doute plus nombreuse à traverser le Channel.

En mer, l’inquiétude est tout aussi réelle chez les pêcheurs. Il va falloir renégocier les droits d’accès et de quotas dans les eaux britanniques alors que les pêcheurs de ces pays bénéficieront, à l’inverse,  d’un taux de change favorable qui leur permettra de vendre moins cher leur poisson en direction du continent. Redoutable effet de tenaille.

Tourisme malmené

Les professionnels du tourisme, eux aussi, voient l ‘horizon avec un peu moins d’optimisme. Après trois années d’une remontée prometteuse, la Bretagne peut craindre un effet livre sterling sur la clientèle britannique même si elle n’a plus la prééminence qu’elle avait jadis avec l’afflux de la clientèle allemande, belge ou hollandaise. Des stations balnéaires très dépendantes de la clientèle britannique, comme Dinard ou Bénodet, savent que dès cet été les retombées seront moins flatteuses.

Quant à l’agroalimentaire, on sait aussi que les temps s’annoncent un peu plus durs dans le commerce avec l’Outre-Manche par simple effet de renchérissement liée au cours de change, voire même à de nouveaux droits de douane. Et on sait à quel point ce secteur d’activité compte en Bretagne.

Pierre Vincent
2 Commentaires
  1. Erig Le Brun de La Bouëxière

    Article évidemment partial. La Bretagne gagnerait simplement à faire comme ont fait les britanniques, prendre son destin en mains, contrôler ses frontières, établir ses droits de douane, au lieu d’être comme toutes les parties de l’Empire européen, une variable d’ajustement d’une politique économique vague, qui favorise une fois les espagnols, une autre fois les belges, pour finir par léser tout le monde. Qu’on veuille bien m’expliquer la légitimité de cette administration ultra pléthorique, cohorte non-élue qui coûte infiniment plus qu’elle ne rapporte en dictant les lois que nous devons appliquer.
    Paris était déjà loin de nous, mais nous avions au moins l’illusion que nos députés y votaient pour notre intérêt. Aujourd’hui qu’ils se contentent de répercuter en droit francais les décisions des lobbies bruxellois, qu’on en vienne pas me dire que le destin de cinq millions de bretons compte pour le simplet Van Rompuy…

    (Ah mais votre subvention européenne s’élève à combien, au fait?)

  2. Le Brexit …. ou le profond silence des élus bretons .
    Je ne reviendrai pas ici sur le Brexit en tant que tel mais sur un fait qui me semble assez significatif de l’état actuel de la Bretagne.

    D’autres ont expliqué en long et en large les liens séculaires entre la Bretagne et les îles britanniques: liens historiques, culturels, économiques. Sans parler des milliers de Britanniques vivant en Bretagne et de Bretons vivant outre-Manche.

    Alors lorsque survient un évènement d’importance comme le référendum dit du Brexit qui doit conditionner l’avenir des nations britanniques et leurs relations avec leurs voisins, l’on se serait attendu à entendre nos responsables politiques donner de la voix avant le référendum et après le référendum.

    Vous avez entendu quelque chose, vous ? Rien de la part du Conseil régional qui a pourtant signé un accord de coopération avec le Pays de Galles, rien des départements, rien des villes jumelées avec des cités d’outre-Manche, rien de Lorient qui accueille des milliers d’artistes britanniques chaque année, etc… Rien de rien à part une réaction de Christian Troadec. Autrement aucune institution bretonne n’a émis quelqu’avis que ce soit ni avant ni après.

    Pour une fois, remercions Le Télégramme d’avoir largement parlé du Brexit et de ses conséquences pour la Bretagne, y compris un billet de René Perez qui a évoqué les liens séculaires entre petite et grande Bretagne.

    Finalement, ce silence est est tout à fait significatif de l’idée que se font ces responsables politiques et autres de la Bretagne, une province qui n’a rien à dire à l’international. Obnubilés par Paris, ils en oublient les liens fondamentaux de la Bretagne avec ses voisins d’outre-Manche, ils ne donnent aucune dimension européenne à la Bretagne . La Bretagne est aux abonnés absents. C’est pitoyable …

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