Brexit. Londres veut des quotas de pêche renégociables annuellement

Le ton monte entre Londres et les Vingt-Sept. Ce n’est pas une surprise tant les discussions sont bloquées et n’avancent que sur des points de détail alors que les échéances se profilent. Après avoir quitté l’Union, la Grande Bretagne dispose d’une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020 mais Outre-Manche, on veut définitivement clore l’affaire avant le 1er juillet pour ne pas avoir à faire une demande de prolongement de six mois. Elle maintiendrait ce climat d’incertitude néfaste pour les affaires et obligerait Londres à faire un nouveau versement au budget de l’Union pour ces six mois de prolongation.

Mais même si une nouvelle phase de négociation s’ouvre cette semaine, on ne voit pas très bien comment l’affaire pourrait être bouclée en un mois entre Michel Barnier et David Frost, le négociateur britannique. Il suffit pour s’en convaincre de voir l’état des discussions sur l’un des principaux écueils du Brexit : la pêche.

Un dossier que les Bretons suivent de près mais qui en est toujours pratiquement au stage initial. D’un côté la position britannique revendiquant la gestion exclusive de ses eaux, de l’autre celle des Européens, voulant conserver leurs quotas actuels au nom des droits dont ils disposaient avant même l’entrée du Royaume-Uni, en 1973, dans ce qui était alors la Communauté économique européenne.

La position sur laquelle les Britanniques fondent leur base de discussion tient en quelques mots : quotas de pêche revus à la baisse et renégociables annuellement. Chaque année, il faudrait donc se remettre à l’ouvrage et rediscuter, ce qui constitue du reste la doctrine développée depuis des siècles par la diplomatie britannique. Il faut toujours avoir le jeu en main.

Les Européens ne veulent surtout pas de ce marchandage perpétuel, ni même d’une baisse des quotas actuels qui leur sont accordés. Le bras de fer reprend donc cette semaine entre les Britanniques qui veulent désormais avoir l’entière disposition de leurs eaux et des Européens qui, avec les futurs droits de douane sur le poisson britannique, ont un atout de poids dans cette âpre discussion.

René Perez
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