Brexit. Bruxelles a prévu une cagnotte pour les pêcheurs

Sale temps pour Boris Johnson. La défaite de Donald Trump lui fait perdre un allié de poids sur lequel il comptait pour un accord commercial d’après-Brexit. C’est raté. Et Joe Biden, qui a des origines irlandaises, sera assurément intransigeant sur le dossier des frontières de l’Irlande que le Premier ministre britannique veut remettre sur la table. Et voilà qu’en ce week-end de mi-novembre, deux de ses plus proches collaborateurs, tous deux fervents brexiters, ont fait leurs valises. Dominic Cummings et Lee Cain ont quitté le pouvoir, assurément sur injonction de Boris Johnson.

Il n’en fallait pas plus pour que la dernière ligne droite du Brexit prenne un virage inattendu et un nouveau visage. Faut-il voir dans l’éviction de ces deux porte-voix du divorce une possible inflexion dans l’attitude intransigeante du Britannique ? La perte de Trump et l’arrivée de Biden l’ont-elles convaincu qu’il est soudain aussi devant un mur sans plus personne pour lui faire la courte échelle ? On devrait avoir un début de réponse cette semaine où les négociations entre l’Europe et Londres arrivent dans le bout du bout.

Impossible d’aller plus loin pour qu’un accord soit opérationnel le 1er janvier 2021, date butoir. Sachant qu’il faudrait plusieurs semaines pour l’adoption d’un texte par le Parlement britannique, on entre dans les jours ultimes. Si aucun accord n’intervient, on ira cette fois directement au No-deal, avec sa cascade de conséquences des deux côtés de la Manche. Et principalement côté britannique car ce divorce sans consentement mutuel pourrait provoquer des files immenses de camions dans le sud de l’Angleterre où il faudra sans doute deux jours de patience aux routiers pour passer la frontière. On imagine le tableau !

À Bruxelles, l’hypothèse a d’ores et déjà été retenue comme « probable ». Avec des incidences très notables pour la Bretagne, qu’il s’agisse de l’agro-alimentaire, du tourisme et plus encore de la pêche. Sans les poissonneuses eaux britanniques, les pêcheurs bretons seraient dans un drôle de pétrin. Mais dans le bras de fer engagé, les Français ne sont heureusement pas les seuls concernés. Les Hollandais, les Danois et les Belges sont eux aussi dans la nasse, ce qui a permis d’opposer un front uni. Mais Bruxelles anticipe le pire et a même constitué une cagnotte pour les incidences néfastes du Brexit. En premier lieu la pêche et la cascade de problèmes pour les 100.000 pêcheurs et les 200.000 emplois induits dans ces pays-là. Cinq milliards d’euros du plan de relance européen sont d’ores et déjà mis de côté pour le coup dur éventuel.

René Perez
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