Brexit. En Bretagne, il n’y a pas que les pêcheurs à être soulagés

On se demandait s’il allait falloir attendre le 31 décembre à 22h pour voir l’accord du Brexit signé avec les Européens. Mais Boris Johnson n’a finalement pas joué la montre jusqu’au bout. Il est vrai que le virus est venu accélérer le processus. Les mesures prises Outre-Manche pour juguler la variante du coronavirus ont donné aux Britanniques un aperçu de ce qui les attendait en cas de « no deal », avec ces milliers de camions bloqués sur les routes du sud.

Une vision apocalyptique qui a incité Johnson à hisser le pavillon blanc alors que deux jours plus tôt, il laissait entendre que les navires de la Royal Navy allaient repousser les pêcheurs européens s’ils s’avisaient de remettre le nez dans les eaux britanniques après le 1er janvier.

La signature de l’accord a été accueillie avec un grand soulagement par les pêcheurs bretons tant ils avaient pu craindre le pire. La baisse des quotas de 25 % est un moindre mal. Et même un très bon résultat tant les pires perspectives se profilaient. 80 % en moins avaient dit les Britanniques au début des négociations. Pour aller chercher la preuve de la qualité de ce résultat, il suffit de voir les réactions des pêcheurs britanniques brocardant leur Premier ministre en l’accusant d’avoir piteusement cédé devant les Européens.

Mais il n’y a pas que les pêcheurs bretons à avoir des raisons de se féliciter de cet accord. Dans l’agroalimentaire aussi, on se réjouit de voir s’éloigner les difficultés majeures qui auraient pu surgir d’un Brexit sans accord. Plus de 500 entreprises bretonnes exportent en Grande-Bretagne et le chiffre d’affaires avoisine le milliard d’euros. Quand on met en parallèle ce milliard avec les 40 millions d’euros que vont perdre les pêcheurs français (donc Nordistes et Normands compris) avec la diminution de 25 % des quotas, on mesure où se situe le plus gros enjeu, même si on connaît la forte symbolique qu’avait la pêche dans ce bras de fer.

Idem pour le tourisme. Les Britanniques sont la première clientèle de Bretagne. Avant le Brexit, la région accueillait environ 650.000 touristes par an pour un chiffre d’affaires d’environ 400 millions d’euros. Depuis, leur nombre a baissé au même rythme que le livre sterling. On imagine les conséquences psychologiques qu’auraient pu avoir un « no deal » après un bras de fer, mené côté européen par le Français Michel Barnier.

Et puis il y a le Brittany-Ferries. 80 % de sa clientèle est britannique. A lui seul ce chiffre donne une idée de l’ampleur des dégâts pour ce fleuron de l’économie bretonne si les négociations étaient parties dans le mur !

René Perez
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