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Brexit. Des bateaux bretons rachetés par les Britanniques ?

Avec le Brexit, tous les scénarios sont sur la table. Et pour la pêche bretonne, ils n’annoncent rien de bon, tant l’activité de la flottille hauturière dépend des eaux britanniques, les plus poissonneuses mais aussi les plus fréquentées d’Europe occidentale. Le scénario du pire est même clairement envisagé comme l’ont expliqué des armateurs bretons, sur les quais d’Erquy (22), à une délégation d’élus du conseil régional, menée par le député Marc Le Fur, président du groupe de droite et du centre à l’assemblée régionale.

En cas de Brexit sans accord, il est probable que les Britanniques, après une période de transition qui devrait être de deux ans, fermeraient leurs eaux aux navires de la communauté européenne. Les hauturiers bretons seraient donc obligés de se replier plus près du littoral breton, zone déjà bien exploitée par la flottille côtière. Et on imagine ce que cette concentration de bateaux pourrait donner sur une ressource déjà bien entamée.

Dans les ports britanniques, où on a très majoritairement voté en faveur du Brexit, ce serait la voie royale vers un double bonus. D’abord l’occupation des eaux sans concurrence et allégée de la réglementation européenne des quotas. Mais il est probable que les pêcheurs d’Outre-Manche seraient également boostés, comme on dit là-bas, par une probable baisse de la livre Sterling, consécutive au Brexit. Sous ce double effet de la quantité disponible et d’un change favorable, le poisson britannique déferlerait sur l’Europe, nonobstant les droits de douane qui y seraient associés.

Ce qui contribuerait à affaiblir encore plus la flottille française, et notamment les armements bretons. Et que risque t- il d’advenir ? Les Britanniques n’auraient plus qu’à proposer des chèques pour l’achat de bateaux bretons en panne de rentabilité pour renforcer leur flotte et étouffer la concurrence des pays voisins, déjà bien mal en point.

Ce scénario est tout en fait envisageable, ont avancé les deux armateurs Alain Coudray et Guy Le Moigne en s’adressant aux élus. Et en leur précisant sans détour : « Nous avons déjà été approchés par des Britanniques… »

Bretagne Bretons
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