Les Bretons s’éclairent encore au charbon

Ici on parle des futurs champs d’éoliennes marines à Saint-Brieuc et Groix, là on s’interroge sur la mise en œuvre de la centrale au fuel de Landivisiau. Ici, on se demande quand sera fini l’EPR de Flamanville chargé de sécuriser la Bretagne nord, là on suit les délicats débuts de l’hydrolienne d’Ouessant. Dans le secteur de l’alimentation électrique, ça bouge en Bretagne.

Mais pour l’instant, la réalité est plus abrupte : les Bretons s’éclairent encore au charbon. Du moins une partie d’entre eux, via la centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) d’une puissance de 1200 mégawatts. A peu près l’équivalent d’un millier d’éoliennes standard. Jusqu’en 2018, une tranche de cette centrale fonctionnait également au fuel mais elle a été définitivement arrêtée et les jours du charbon sont également comptés. D’ici 2022, les centrales alimentées avec ce combustible devront avoir fermé et les cheminées de plus de 200 mètres de haut ne cracheront plus ces fumées dont on sait à quel point elle nuisent au climat.

Cordemais sera-t-elle alors complètement rayée de la carte pour laisser la place aux énergies nouvelles encore balbutiantes en Bretagne ? Ce n’est pas l’option sur laquelle travaille Edf. L’opérateur veut conserver cette unité de production mais en la faisant fonctionner avec de la biomasse, en l’occurrence des pellets, ce combustible produit à partir de résidus de bois et de déchets verts. 160.000 tonnes de pellets seraient nécessaires chaque année, en conservant une part de 20 % au charbon, nécessaire pour faire monter les fours en haute température.

Edf n’est d’ailleurs pas la seule à pousser en faveur de cette reconversion du site dans un mode de combustion plus vertueux. Les syndicats eux aussi appuient fortement cette option car la centrale emploie environ 400 salariés, sans compter toutes les activités annexes liées au transport du charbon, du port de Montoir-de-Bretagne jusqu’à Cordemais.

En ce mois de novembre, le projet Ecobust d’Edf arrive sur la table. Des réunions publiques sont d’ores et déjà programmées pour en présenter les contours. L’opérateur aura ensuite un an pour peaufiner ce projet et solliciter l’autorisation de conserver et reconvertir la centrale de Cordemais. Ce n’est pas joué d’avance mais il est probable que l’opérateur bénéficiera de nombreux soutiens locaux pour la survie de cette unité de production déjà durablement inscrite dans le paysage de Loire-Atlantique, avec ses cheminées dressées comme des phares grimpant jusqu’aux nuages.

René Perez
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