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Bretons et Normands visent le lait-dorado chinois

Les Normands auraient-ils l’intention de venir enlever aux Bretons le lait de leurs petits Chinois ? Non, pour l’instant, il y a de la place pour tout le monde…

Qualité France ! Les Chinois misent beaucoup sur le lait français pour leur approvisionnement mais la Bretagne n’est pas la seule à s’être lancée dans ce marché d’avenir. Les Normands, eux aussi, sont dans la course et ils ont ont même une petite longueur d’avance depuis l’inauguration récente d’une usine pour l’export par la coopérative Isigny Sainte-Mère, dans le Calvados, déjà très engagée sur les marchés export. Mais cette unité de poudre de lait infantile pour laquelle 65 millions d’euros ont été investis n’est pas entièrement dédiée au marché chinois. Un tiers de sa production devrait y être destinée, ce qui a donné lieu à un partenariat avec le groupe chinois Biostime.

En Bretagne, la production va prochainement démarrer à Carhaix (nous en avons déjà longuement parlé) où 130 millions d’euros sont investis par le Chinois Synutra (à 90%) et la coopérative Sodiaal pour le production de 120.000 tonnes de poudre de lait et 30.000 tonnes de lactoserum. Contrairement à l’usine Isigny, la production carhaisenne sera totalement destinée au marché chinois.

Nouvelles unités en Normandie et Bretagne

Retour en Normandie où les travaux viennent tout juste de débuter pour la réalisation d’une usine à Carentoir (Manche), financée par les Maîtres laitiers du Cotentin qui n’ont pas hésité à mettre 114 millions dans la balance, ayant il est vrai quelques assurances du côté de leur partenaire pour la commercialisation en Chine, le groupe Synutra. Il s’agit bien du même opérateur qu’à Carhaix mais cette fois dans le rôle du commercial. Ici, ce sont 600 millions de briquettes de 20 cl qui seront produites chaque année pour un total de 90 millions de litres.

Cette unité devrait être opérationnelle au début 2017. Elle devancera de quelques mois la production d’une autre unité bretonne, celle que Gilles Falc’hun, le très médiatisé Pdg de la Sill (élu récemment Entrepreneur français de l’année 2015) a décidé d’implanter à Guipavas, non loin du port de Brest qui lui servira de base de départ pour les livraisons. Sur un site de 9 ha, la Sill investit 60 millions d’euros pour la production de 18.000 tonnes de lait infantile, avec la Chine dans le viseur commercial. Mais pas seulement. Si le marché chinois s’annonce très porteur avec la fin du dogme de l’enfant unique et la réticence des Chinois à consommer leur propre production depuis un retentissant scandale, d’autres pays émergents vont eux aussi manifester des besoins croissants.

Bretons et Normands n’auront donc pas, pour l’instant, à batailler les uns contre les autres sur ces marchés export ou de grands groupes français, comme Lactalis, tracent aussi leur sillon. Mais tout le monde, bien sûr, s’interroge pour savoir pendant combien de temps la Chine restera un lait-dorado pour les deux régions françaises.

Julien Perez
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