Les Bretons économes en soins hospitaliers

Les opérations menées par certaines communes bretonnes pour attirer un médecin généraliste ont pris un tour parfois humoristique, souvent médiatique et toujours légitime. On manque de médecins. Mais les chiffres 2017 que vient de publier l’ARS (agence régionale de santé, quatre départements) témoigne que la Bretagne n’est pas la plus mal lotie, loin de là. Elle a même une densité de médecins généralistes légèrement supérieure à la moyenne nationale. Avec 3.556 généralistes, la densité médicale est de 108,5 pour 100.000 habitants contre 103,3 en moyenne française. Et chez les infirmiers, l’écart est encore plus sensible (215,8 contre 194,5).

En revanche, chez les spécialistes, le déficit est très marqué entre la Bretagne et la moyenne française. Avec 2.461 spécialistes, la densité en Bretagne est de 75,1 pour 100.000 habitants contre 94,3 pour la France. Près d’un quart de moins avec un déficit marqué chez les chirurgiens, les gynécos, ORL, pédiatres ou encore psychiatres.

Et les séances chez tous ces médecins se terminent parfois à l’hôpital. Mais les Bretons n’abusent visiblement pas de séjours hospitaliers. En 2016, en Bretagne, le taux séjour en soins hospitaliers était de 107 pour 1.000 habitants contre 113,6 en moyenne nationale. Mais la différence est surtout marquée dans les soins de suite et de réadaptation après une hospitalisation. Ils se situent à 454 journées par an pour 1.000 habitants en Bretagne contre 524 jours en moyenne nationale.

Une différence très sensible qui fait des Bretons de faibles consommateurs de soins mais l’ARS ne délivre pas d’explication à ce particularisme. Sans doute faut-il y voir l’effet de structures familiales plus solides en Bretagne qui limitent les hospitalisations et plus encore la durée des soins, avec retour au domicile plus rapide. Mais il est probable également qu’il faille y voir la conséquence bénéfique de la densité de maisons de retraite en Bretagne. C’est la plus forte du pays et elle contribue à limiter hospitalisations et soins post-hospitaliers.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider