Les Bretons aiment s’enguirlander

Il y a ceux qui aiment les guirlandes. Et ceux qui ont plutôt les boules quand arrivent les fêtes de fin d’année. Tous les sociologues, et plus encore les psy, vous diront que la période de Noël provoque des sentiments très contrastés selon le tempérament de chacun, mais aussi selon les hauts et les bas que la vie réserve ainsi que la catégorie d’âge. Les jeunes, et c’est logique, apprécient ces périodes de fête beaucoup plus que les personnes âgées.

Et y a t-il une perception différenciée selon les régions ? Oui, répond un sondage de BVA pour la presse quotidienne régionale, publié par Le Télégramme, dans lequel les Bretons se distinguent une nouvelle fois. Selon BVA, c’est en Bretagne qu’on apprécie le plus cette période. 74 % des sondés disent aimer les fêtes de fin d’année alors que la moyenne nationale, tous âges confondus se situe à 61 %. C’est tout de même peu.

Alors pourquoi les Bretons ont-ils « du goût » pour ces festivités de fin d’année ? Le podium en donne une première explication quand on sait que les Nordistes suivent de près les Bretons (71%). Or ces deux régions ne sont-elles pas celles où l’on a le plus l’esprit fêtard puisque ce sont celles où l’on consomme avec le moins de modération. Chez les Bretons comme chez les Ch’tis, le terme « fête » prend tous son sens, jusqu’à l’excès, comme en témoignent de vieilles traditions.

Mais si les Bretons apprécient peut-être plus que d’autres, c’est probablement aussi en raison du poids de la religion. Même si son influence est aujourd’hui moins manifeste, la tradition du Noël chrétien y est encore solidement ancrée et respectée, y compris dans la très grande majorité des villages bretons. En découle un troisième élément d’explication qui tient aux liens familiaux, encore d’autant plus solides que les familles sont souvent éclatées. Le retour au pays, pour la parenthèse de fin d’année, est synonyme de fête et de joyeuses retrouvailles.

Elles vont prendre toute leur signification, en fin de semaine, pour de nombreuses familles bretonnes. Et pour nombre de Parisiens d’adoption, revenant humer l’air du pays et le goût des embruns qui met en forme avant les fêtes. Et redonne du tonus les lendemains d’excès, surtout si on y ajoute quelques huîtres pour une bonne remise à niveau.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider