Bretagne. Une victoire signée Macron et Le Drian

En misant l’an dernier sur un tel quarté, les parieurs auraient gagné gros. Qui aurait pensé, il y a un an, que la Bretagne donnerait une arrivée dans un ordre aussi inattendu ? Macron (29,05%), Mélenchon (19,28%), Fillon (19,05%), Le Pen (15,33%)….

Emmanuel Macron lançait à peine son mouvement sous l’ombre tutélaire de François Hollande qui semblait encore bien décidé à y aller. Jean-Luc Mélenchon était dans son habituelle équation arithmétique qui le laissait chez les seconds couteaux. François Fillon végétait dans l’ombre d’un Alain Juppé déjà présidentialisé. Et Marine Le Pen tutoyait parfois les 30 % de voix dans un élan qui semblait irréversible. Mais dimanche soir, à l’arrivée, tout a été chamboulé, plus encore qu’ailleurs. Car à part dans les territoires d’Outre-Mer, il était impossible de trouver en province une région affichant le quarté dans cette ordre, avec Mélanchon en seconde position et le Pen en quatrième.

La très large avance de Macron chez les Bretons (10 points sur Mélenchon) n’est sans doute pas le seul résultat de son équation personnelle. Il faut assurément y voir aussi le fort impact du soutien de Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et ministre qualifié de plus populaire du gouvernement sortant. Le poids de son ralliement se mesure dans cet écart auquel Richard Ferrand, le député finistérien, a lui aussi contribué. Parmi les tout premiers à avoir cru au chef de file du mouvement En Marche, il ne cachait pas dimanche soir sa satisfaction sur les chaînes de télé alors que Jean-Yves Le Drian s’en tenait à son habituelle discrétion. Son poste à la tête de la Défense plaide pour la parole rare et mesurée. Et cela lui réussit plutôt bien dans le brouhaha médiatique qui aura marqué cette campagne échevelée.

Emmanuel Macron qui a reçu hier soir de nombreux soutiens venus de droite comme de gauche, fait naturellement figure de grand favori pour le second tour. Il serait étonnant que dans les quinze jours à venir, il ne vienne pas faire une halte en cette Bretagne qui lui réussit si bien. Marine Le Pen, quant à  elle, doit regarder avec beaucoup de circonspection la région d’origine de son père. Car elle est en recul par rapport aux dernières régionales, preuve sans doute que ses velleités de sortie de l’Europe et de l’euro ne font pas recette dans une région qui fut longtemps un chouchou de Bruxelles, avant que les priorités ne se déplacent vers l’est de l’Europe.

Quant à Benoit Hamon, autre Breton de cette présidentielle, il n’aura pas fait beaucoup mieux en Bretagne (9 %) qu’à l’échelon national. Même à Brest, sa ville, il s’est retrouvé derrière Fillon. C ‘est la première fois, depuis trente ans, que le parti socialiste est ainsi battu par la droite dans la métropole de la pointe bretonne.

René Perez
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