Bretagne. Vents contraires pour l’éolien

Les projets éoliens ne sont pas très nombreux actuellement en Bretagne. Mais les vents sont nettement moins favorables aujourd’hui et la campagne des municipales a servi de caisse de résonance aux oppositions qui se manifestent dès qu’un projet sort des tiroirs. Et parfois même avant.

Les échos de cette hostilité sont remontés de réunions ou rassemblements à Berrien (Finistère), Bourbriac (Côtes-d’Armor) ou encore Kergrist (Morbihan) contre l’éolien terrestre et l’impact des gigantesques mâts sur la campagne bretonne. Mais l’éolien marin lui aussi provoque de fortes réticences avec le projet de la baie de Saint-Brieuc, vigoureusement contesté par les pêcheurs à Erquy. Derrière les conséquences pour leur activité, il faut aussi voir une pression constante pour que les indemnisations soient à la hauteur de ce projet de 62 éoliennes en mer.

Les réticences qui se manifestent ainsi en Bretagne sont tout à fait dans l’air du temps. Ces dernières semaines, c’est même en très haut lieu que des réserves ont été émises. Par le président Macron lui même quand il a déclaré à Pau que « le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays ». Et par la ministre Elisabeth Borne quand elle a évoqué « la dispersion des petits parcs », « la saturation visuelle dans certains sites » ou encore « le développement anarchique ».

Ces qualificatifs de la ministre ne vise cependant pas la Bretagne. L’éolien y est assez dispersé et on test loin de certaines concentrations, à l’exemple de Fruges dans le Pas-de-Calais, commune de 2.000 habitants autour de laquelle ont poussé 16 parcs totalisant 70 éoliennes. Record de France ! Le total est impressionnant mais il ne défrise pas dans cette région du nord où les plaines et la régularité du vent ont favorisé la pousse des mâts. On est, il est vrai, dans de grands espaces où l’habitat n’a pas la même densité qu’en Bretagne. Les Hauts-de-France totalisent actuellement 439 installations d’éoliennes contre 170 en Bretagne, région ventée mais où la configuration des espaces ruraux n’offre pas les mêmes opportunités d’implantations. Idem quand la région Grand Est (367 installations) au profil un peu similaire à celui des Hauts-de-France.

Mais lors de son intervention qui n’est pas passée inaperçue, le président faisait surtout référence aux plages du Débarquement en Normandie dont le panorama est menacé par des projets. Il entendait aussi insister sur la nécessité de développer l’éolien marin, loin des côtes, en appui de l’hydraulique et du solaire. Et de mettre un peu la pédale douce sur l’éolien terrestre.

René Perez
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