Bretagne. Triskalia et d’aucy créent un nouveau géant coopératif

Les fusions ne sont pas rares dans la monde agricole breton. Mais généralement, c’est un gros qui absorbe un petit. Avec la création d’Eureden, ce sont deux mastodontes de l’économie bretonne qui viennent d’officialiser leur fusion, vendredi à Saint-Brieuc.

Le groupe finistérien Triskalia et son homologue morbihannais Cecab-d’aucy ont décidé de s’unir pour créer le plus grand groupe coopératif breton avec des chiffres impressionnants. 3,1 milliards de chiffre d’affaires annuel, 24.000 coopérateurs adhérents, 9.000 salariés, 60 sites industriels… Et sept métiers couvrant tout le panel de la production agricole bretonne : lait, légumes, volailles, œufs, céréales, bovins et porcs. Et des marques emblématiques comme Paysan Breton, Les conserves d’aucy ou Jean Nicolas, Mamie Nova, les poulets Ronsard ou encore les enseignes Point Vert et Magasin Vert.

Le groupe ainsi créé constitue un tel géant à l’échelle de la Bretagne que l’Autorité de la concurrence y a vu une menace de monopole et a imposé une petite cure d’amaigrissement au futur groupement Eureden. Il a fallu se délester de six magasins de distribution verte ainsi que d’une vingtaine de points de collecte de céréales.

Ces restrictions à la marge ne freinent nullement les ambitions du nouveau groupe qui naîtra officiellement le 1er janvier prochain, donc dans quelques jours, alors que la fusion n’interviendra réellement qu’en 2021. D’ici là, Eureden compte mettre les bouchées doubles puisque selon les objectifs fixés, le groupe ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros en 2025 (contre 3,1 actuellement), bien que les perspectives de développement se heurtent à de redoutables défis. En premier lieu celui des pratiques agricoles qu’il va falloir modifier pour répondre aux exigences des consommateurs, notamment la diminution de l’usage des pesticides.

La première coopérative agricole bretonne entend s’atteler à cette tâche pour accompagner ses milliers d’adhérents face à ce défi mais aussi encourager de nouvelles pratiques d’agriculture biologique. Avec une concentration de moyens sur l’innovation et un objectif clairement affiché de conquête de nouveaux marchés. Notamment à l’étranger où Eureden veut présenter sa forte identité bretonne comme un gage de qualité de ses produits.

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