Bretagne. Le train régional rattrape le TGV

Au printemps prochain, la mise en service du nouveau tronçon de TGV Le Mans-Rennes va singulièrement rapprocher Paris et la Bretagne. Sur cette portion, les trains pourront circuler à vitesse maximum, comme c’est déjà le cas entre Le Mans et Paris, faisant baisser tous les temps de parcours vers la Bretagne d’une bonne demi-heure jusqu’à Rennes et toutes les villes suivantes.

Et après ? Que fait-on entre Rennes et Brest-Quimper ? Plusieurs projets ont été élaborés pour mettre les deux villes à 3 heures de Paris mais les ambitions passées se heurtent aujourd’hui à une implacable réalité. Les finances publiques sont à marée basse et le coût de la minute gagnée en intra-breton est tellement exorbitant qu’ il faudra probablement se contenter, pendant un bon moment, d’une moyenne de 3h30 promise avec l’entrée en service du nouveau tronçon accélérateur entre Le Mans et Rennes. Si on ajoute les travaux déjà en cours de réalisation entre Rennes et les deux villes de la pointe bretonne, le gain devrait être de 40 minutes sur les temps de trajets actuels.

Désormais, c’est le train régional qui rattrape le TGV dans l’ordre des priorités du ferroviaire breton. Depuis plus de vingt ans, la grande vitesse a mobilisé les esprits et les énergies au détriment parfois du trafic régional TER qui dépasse pourtant aujourd’hui 10 millions de voyageurs/an. Ici, c’est le transfert de compétence de 2002 qui a changé la donne. Cette année là, ce sont les régions qui ont hérité du réseau régional et après quelques années de prise en main, la progression du trafic a été spectaculaire. 8,5 millions de passagers en 2007, 9,6 millions en 2010, 10,4 millions en 2015… La hausse serait encore plus marquée sans la dégringolade du prix de l’essence qui a partout freiné l’élan du ferroviaire.

Entre TGV et TER, le match est aujourd’hui plus équilibré. Les travaux de grande vitesse réalisés entre Rennes et Le Mans d’un côté, la forte implication de la Région dans le réseau interne de l’autre, ont redimensionné le débat sur le ferroviaire. Le TGV a sans doute un peu trop mobilisé les esprits pendant des années, au détriment du train régional et sans doute plus encore à l’encontre de l’aérien. Les tarifs exorbitants et la fréquence des annulations ou retards que subissent les aéroports de Brest et plus encore Quimper témoignent que l’aérien a été un peu trop négligé par ceux qui portent la voix de la Bretagne.

René Perez
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