Photo Marcel Mochet

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Bretagne. Moins d’exploitants mais plus de salariés agricoles

Dans l’industrie, moins il y a d’usines, moins il y a de salariés. Dans l’agriculture, le rapport est plutôt inversé : moins il y a d’exploitations et plus il y a de salariés, singulièrement en Bretagne où l’emploi salarié (+1,8 % par an sur les cinq dernières années) progresse plus vite qu’en moyenne nationale (+1,2%). C’est ce qu’indique l’Insee dans une étude publiée mardi et consacrée à l’évolution de l’agriculture en Bretagne.

La premier constat, c’est la baisse impressionnante du nombre d’exploitations agricoles, tombées de 92.500 en 1998 à environ 33.000 actuellement. La chute est brutale même si elle est beaucoup moins sensible ces dernières années. Par effet d’acquisition de terres, elle s’est traduite par une extension de la taille des exploitations et un développement de l’emploi salarié dont la Bretagne est l’une des régions les plus dotées. On y compte actuellement environ 15.000 salariés pour 44.750 non salariés (chefs d’exploitations…) et l’écart entre les deux catégories est amené à se resserrer d’année en année, du moins si les tendances actuelles se confirment.

Plus de groupements d’employeurs en Bretagne

Mais pourquoi l’emploi salarié est-il ainsi plus dynamique en Bretagne ? La première cause tient bien sûr à la chute du nombre d’exploitations en 20 ans et à l’accroissement des surfaces dans celles existantes. Elles nécessitent de la main d’oeuvre qui fut parfois difficile à trouver. Avec la crise, la hausse du chômage mais aussi une moindre appétence pour les métropoles urbaines, l’agriculture attire maintenant des bras.

En Bretagne, le mouvement est appuyé par les groupements d’employeurs dont la densité est plus forte qu’en moyenne nationale. En se groupant, ils donnent ainsi la possibilité à des salariés de travailler pour plusieurs employeurs dans la même année, d’échapper aux contraintes de la saisonnalité et d’avoir ainsi de meilleures conditions de rémunérations. On peut aussi ajouter qu’en Bretagne, nombre de conjoints d’exploitants ont fait le choix d’ un métier extérieur à l’exploitation, favorisé par la structure rurale de la région et générant ainsi un besoin de main d’oeuvre salariée supplémentaire.

Parmi les causes, il faut aussi en adjoindre une directement héritée de la crise : certains exploitants choisissent de céder leur ferme pour devenir salariés. Le phénomène est certes limité mais il traduit tout à la fois l’aversion pour des contraintes de plus en plus lourdes et un amour du métier qui pousse à y rester, mais sans le casse-tête de la gestion quotidienne.

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