Bretagne. La saison des conteneurs perdus

Garfield revient donner de ses nouvelles. Depuis une trentaine d’années, des mêmes éléments de téléphone en plastique, portant la trombine de ce chat de BD, viennent s’échouer sur les plages de Bretagne. Depuis trente ans, un conteneur enfoui sous les eaux laisse échapper des Garfield comme un pétrolier perdant son pétrole. A moins que ces plastiques naviguent depuis trois décennies au fil des courants.

Dans un cas comme dans l’autre, Garfield est le symbole d’un des grands scandales écologiques de notre époque. Des pertes de conteneurs en mer qui ne sont même pas signalées aux autorités maritimes par les amateurs, de crainte d’avoir à supporter les frais de recherche ou de récupération. Et apparemment, personne n’a jamais signalé que Garfield s’était échappé.

Ce chat vient apporter de l’eau au moulin des associations écologistes qui contestent avec vigueur les statistiques données par les armateurs sur les conteneurs perdus en mer. Entre 1.500 et 2.500 ces dernières années, selon eux. Plutôt 10.000, avance le CEDRE, créé à Brest après le naufrage de l’Amoco Cadiz. Plusieurs dizaines de milliers et peut-être même 100.000 soutient l’association écologiste Robin des Bois.

Certains porte-conteneurs transportent maintenant jusqu’à 20.000 boites et en perdent parfois en mer sans même sans rendre compte. C’est à l’arrivée qu’ils constatent que certaines ont disparu, à l’avant du navire long comme trois terrains de football. Et quand ils s’en aperçoivent, ce n’est généralement pas pour les compter sur les doigts d’une main. Le 2 janvier dernier, en Mer du Nord, 270 conteneurs sont tombés, en Mer du Nord. Une trentaine se sont échoués, les autres ont coulé après avoir flotté plus ou moins longtemps entre deux eaux.

Les concurrents du Vendée Globe viennent régulièrement donner des nouvelles de ces objets flottants non identifiés mais personne ne sait réellement combien tapissent les fonds des eaux, notamment à l’entrée de la Manche et tout au long de cette autoroute des mers. Régulièrement, des chercheurs indiquent avoir mis au point des systèmes de balisage des conteneurs, comme la société SeatrackBox de Saint-Brieuc qui affirme que son système permet de suivre un conteneur en mer, en flottaison ou même coulé.

Sans suite à ce jour. Car sachant qu’il y a environ 200 millions de conteneurs dans le monde, les armateurs freinent des quatre fers contre toute mesure contraignante, malgré les bénéfices faramineux réalisés par les exportateurs et les armateurs grâce à ces mastodontes des mers. Comme toujours, il faudra sans doute attendre une grande catastrophe écologique pour que des mesures draconiennes soient prises pour empêcher ces navires de perdre parfois une partie de leur cargaison, ni vu ni connu, car les frais de recherche ou de récupération coûteraient plus cher que la marchandise transportée. Et d’autres Garfield de tout poil continueront à venir s’échouer sur des plages du monde entier.

René Perez
1 Commentaire
  1. Cavin

    Une balise autonome AIS de base coûte environ 100 € prix public donc pour un achat en grande quantité bien moins
    Alors pourquoi les gouvernements n’imposent pas aux transporteurs maritimes la pose d’une balise sur chaque conteneur ?

Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider