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Bretagne. Sous les sabots, la plage !

La Bretagne cultive ses particularités. Tous les guides touristiques en conviennent. Pourtant aucun d’entre eux ne semble avoir relevé une originalité qui fait de la région une exception dans le monde hippique et draine chaque été des milliers de spectateurs sur les plages. Eh oui, en Bretagne, les chevaux de courses s’affrontent encore sur le sable. Sur les quatre hippodromes marins qui existent encore en France, on en compte trois en Bretagne. Un dans le Finistère et deux en Côtes-d’Armor avec au programme ce mois-ci, courses à Plouescat les 11 et 12 août et à Ploubalay le 21 août.

 Le choix de Napoléon

Pourquoi les plages ? Sans doute parce que Napoléon qui a créé l’administration des Haras, pour sélectionner ses meilleurs montures et organiser les compétitions, a choisi la Bretagne pour y installer l’un des tous premiers haras à Lamballe. Et du fait de la proximité de cet établissement, c’est à Saint-Brieuc, en 1805 , qu’est née une société des courses. C’était la troisième du genre en France. Les Grèves de Langueux, ont tout de suite été choisies pour organiser ces courses, car comme l’a écrit à Napoléon, M. Boullé, le préfet en place, : «  c’est en lieu spacieux, plane et très commode où le terrain, une fois la mer retirée devient aussi solide que le sentier battu » . Saint-Brieuc a ouvert la voie de ces courses marines, et un peu partout en France c’est sur le sable que les chevaux couraient.

Cherbourg, les Sables-d’Olonnes, Soulac en Gironde …, furent en leur temps des terrains réputés. Mais l’organisation des ces courses, soumises aux rythmes des marées, a fait renoncer beaucoup de bonnes volontés. Au point qu’aujourd’hui, il n’existe plus que quatre hippodromes marins en France. Un à Jullouville, dans la Manche et trois autres en Bretagne à Plestin Les Grèves, Plouescat et Ploubalay-Lancieux.

Comme l’assurent les responsables de ces hippodromes éphémères, la mise en place des pistes et des structures d’accueil nécessitent d’importants travaux et mobilisent de nombreux bras, mais la récompense est au bout. En lisant les statistiques de la Fédération des courses de l’Ouest on s’aperçoit que ces hippodromes marins ( avec plus de 3.000 spectateurs payants en moyenne à chaque réunion ) devancent en affluence les hippodromes traditionnels. Les chevaux, le sable, la mer … un tiercé toujours gagnant !

Patrick le Nen
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