Bretagne. Rennes et rien d’autre

Quelle va être l’évolution de la population bretonne d’ici à 2040 ? La réponse doit être prochainement donnée par l’Insee a partir de données recueillies par cinq agences économiques dont deux du Finistère et une des Côtes-d’Armor. Ces résultats vont probablement laisser entrevoir une accentuation de la fracture est-ouest de la région et elle intéresse donc particulièrement la pointe bretonne. Mais où ces résultats vont-ils être présentés ? A Rennes bien sûr. A Rennes comme d’habitude, dans une sorte de rituel désormais institutionnalisé où les déplacements doivent toujours se faire dans le même sens. D’ouest vers l’est, en suivant la direction des vents.

La récente réforme des régions a opéré des regroupements avec apparition de couples urbains (comme Caen-Rouen, près d’ici) s’efforçant de répartir au mieux les compétences régionales pour ne pas imposer une sorte de monopole administratif sur l’ensemble d’une région. La Bretagne a échappé au regroupement régional mais elle compte deux villes, une à l’est, l’autre à l’ouest, élevées toutes deux au nouveau statut de métropoles par le gouvernement. Mais rien n’y fait . Quel que soit le sujet, qu’il s’agisse de social, d’éducation, de santé, de sécurité et de tout le reste, c’est à Rennes que tout s’opère.

Certes, cette présentation n’est pas un événement. Mais le thème abordé et la participation de deux agences finistériennes (sur cinq) à cette enquête aurait peut-être mérité de faire exception à la règle. Au moins une fois. Mais bon, l’ouest breton a l’habitude et n’oublie certes pas que lors du choix de l’implantation du siège de la nouvelle Chambre de commerce régionale, c’est une fois encore Rennes qui a été choisie alors que les deux CCI bretonnes aux périmètres et à l’activité la plus large (notamment en raison des ports et aéroports) sont celles de Brest et Quimper.

Une sorte de monopole s’est ainsi institué sur la vie régionale et plus personne ne semble s’en étonner. Dans une région qui a toujours combattu le jacobinisme avec fermeté, la décentralisation et la situation géographique reproduisent aujourd’hui de façon presque caricaturale ce que Rennes reprochait jadis à Paris.

René Perez
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