Bretagne. Le régionalisme ne branche pas les gilets jaunes

Lors de son étape au conseil régional, jeudi à Rennes, Edouard Philippe a signé le contrat d’accessibilité de la Bretagne qui ne porte pas seulement sur un renforcement de certaines modalités de transports. Il vise aussi à promouvoir ce que le Premier ministre appelle « une décentralisation de projets », transférant de nouvelles prérogatives de l’État vers les instances régionales dans des domaines comme la gestion de l’eau, la biodiversité, l’éolien en mer…

Le chef de gouvernement sait qu’en venant en Bretagne, il faut toujours parler de décentralisation, thème particulièrement cher à une région que la géographie et l’histoire ont érigé parmi les chefs de file du régionalisme. Du reste, le mouvement des bonnets rouges, à l’automne 2013, avait placé le renforcement du pouvoir régional parmi ses revendications prioritaires à l’adresse de « l’État jacobin ». Il est vrai qu’il avait à sa tête Christian Troadec, élu carhaisien et militant régionaliste très actif.

Mais quand on regarde du côté des gilets jaunes, on fait chou blanc. Même en Bretagne, le régionalisme et le renforcement des instances régionales ne figurent nulle part dans l’abondant catalogue des revendications exposées depuis près de trois mois. Quand une délégation des gilets jaunes a été reçue à la préfecture de région, à Rennes, elle a exposé des revendications autour du pouvoir d’achat, de la fiscalité, des taxes liées à l’énergie, le retour de l’ISF, la suppression du CICE, l’instauration du référendum d’initiative populaire… Pas un mot sur un renforcement des pouvoirs régionaux. Si l’on fait un petit tour du côté des réunions publiques du grand débat, le résultat n’est pas beaucoup plus probant. Le régionalisme est quasiment toujours absent.

La première raison, c’est probablement parce que les gilets jaunes considèrent que dans la verticalité ambiante, les réponses sont à Paris. Et c’est de là-bas qu’elles sont attendues, quand on parle de pouvoir d’achat, de fiscalité ou du RIP.

Mais l’autre raison, moins perceptible mais plus préoccupante, c’est que chez les gilets jaunes et bien au delà d’eux, on ne semble plus compter sur les élus régionaux pour régler des problèmes. Donc inutile de renforcer leurs pouvoirs.

On touche du doigt l’une des grandes problématiques révélées par ce conflit : la crise de la représentativité. Autrement dit la perte de confiance des administrés envers leurs élus. Pour une démocratie représentative comme la nôtre, ce n’est pas un constat très rassurant.

René Perez
1 Commentaire
  1. Coupa

    Quelle docilité ou quel manque de réflexion approfondie, les Bretons avaient l.occasion de redresser la tête …

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