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Bretagne. Le premier vin rouge depuis des siècles

A 10 kms de Saint-Malo, le village de Saint-Suliac est l’un des plus pittoresques de Bretagne avec ses vieilles maisons, ses ruelles tortueuses et ses sentiers côtiers sur l’estuaire de la Rance. Mais cette année, Saint-Suliac devrait avoir une nouvelle ligne sur sa carte de visite : ce sera peut-être le premier territoire de Bretagne à produire du vin rouge depuis des siècles, comme le rappelle ce papier de 20 minutes. Du moins dans l’actuelle Bretagne administrative puisqu’en Loire-Atlantique, on produit déjà beaucoup de vin blanc mais aussi du vin rouge.

Alors bien sûr, on s’interroge : pourquoi des territoires voisins comme l’Anjou ou la Loire-Atlantique produisent-ils autant de vin alors que le Bretagne a un climat équivalent et à peine plus humide. Ce n’est pas là qu’il faut chercher l’explication mais dans les sols, affirment les spécialistes. Les sols bretons sont trop riches avec trop d’oligo-éléments en surface. Une bonne vigne a besoin de terres pauvres dans lequel ses racines plongent profondément pour aller chercher des minéraux. Quand la terre est trop riche, elles ne font aucun effort vers les profondeurs, restent mollement en surface se goinfrer de minéraux et ne donnent qu’une piquette pour assoiffés.

Du blanc à Quimper

Donc la Bretagne n’a jamais été une terre propice à la vigne. Mais sous la diligente attention de moines intéressés, on en produisit tout de même. Et déjà à l’époque des Romains, quelques coteaux bretons exposés au soleil accueillirent des ceps. Pas de quoi cependant déclencher le sifflet admiratif de Bacchus ou de son cousin Dyonisos. Colbert, lui, trancha dans le vif en décidant de faire arracher les vignes bretonnes si peu généreuses pour les remplacer par des pommiers produisant un cidre abondant et de qualité.

Du vin pourtant, on en produit actuellement en Bretagne. Pas pour la vente (c’est interdit) mais sous l’impulsion d’associations de passionnés comme à Quimper où le coteau du Braden ou depuis une dizaine d’années on vendange à l’automne. Un bon millier de litres, mais uniquement du vin blanc, plus facile à produire ici que le rouge.
A Saint-Suliac aussi, une association de passionnés cultive du vin sur les berges de la Rance. 600 litres l’an dernier et comme à Quimper, c’est du blanc.

Mais l’association du clos du Garo a décidé, il y a trois ans, de varier les plaisirs. Sur les conseils de spécialistes de la vigne, ses adhérents ont planté 400 pieds de Rondo. Des ceps robustes, d’origine allemande, donnant un vin rouge qualifié de puissant.

Alors vivement la vendange. On saura à l’automne si Saint-Suliac renoue avec le lointain passé.

Pierre Vincent
1 Commentaire
  1. ain

    Du vin en Bretagne ? La région a tout ce qu’il faut pour du bon marketing.
    Imaginons , une cuvée Saint-Julien, mise en bouteille dans la petite commune de la périphérie de Saint-Brieuc.
    Une autre Saint-Emilion, du nom de la rivière qui arrose Loguivy-Plougras.
    Et je passe sur les possibles Chateau-neuf du Faou;  » Entre deux Mers » quelque part du côté de Carhaix ou Pontivy
    à cheval (blanc) entre la Manche et l’Atlantique.; Pessac Locronan; Gewurtz Loc Queginer; le Pic Saint-Loup aux moments des fêtes à Guingamp et les mouettes et Chandon quand on fera du champagne !;

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