Bretagne. L’axe central trace enfin sa route

Qu’y a-t-il de commun entre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la RN164, l’axe central qui traverse la Bretagne, entre Rennes et Châteaulin ? Tous deux ont été lancés il y a 40 ans après avoir été imaginés alors que De Gaulle était encore au pouvoir. C’est dire si ça ne date pas d’hier. Si pour les deux voies express nord (RN12) et sud (RN 165), les travaux de mise en 2×2 voies sont achevés depuis belle lurette, pour l’axe central le retard s’est accumulé au fil des ans, au point que l’achèvement complet en voie express ne semblait plus figurer au rang des priorités de la Bretagne.

Mais le dossier a été réveillé. Et même brûtalement, après le mouvement des Bonnets rouges qui a connu un retentissement inattendu. Pour éteindre l’incendie, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, était venu à Rennes lancer le Pacte d’Avenir pour la Bretagne où l’axe central redevenait une priorité. Elle fut confirmée par Valls, un an plus tard à Brest.

Près de 240 millions ont été ainsi programmés dans le plan 2015-2020, cofinancés par l’État et la Région, avec un coup d’accélérateur qui vient notamment de se concrétiser par la mise en service de la déviation de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine) l’un des points noirs de cette route centrale où ici la vitesse descendait même à 70 kms/heure sur une portion dangereuse. Ces travaux étaient en outre très symboliques puisque ce tronçon constitue la naissance de la RN164 en Ille-et-Vilaine, avec son accroche sur la RN12, voie express Brest-Rennes via Saint-Brieuc.

L’axe central devient donc de plus en plus concurrentiel avec les deux voies express nord et sud et de plus en plus d’automobilistes empruntent cette voie qui est maintenant en 2×2 voies sur 146 des 198 kilomètres séparant Rennes de Châteaulin par la voie centrale. Il reste donc encore une cinquantaine de kilomètres à réaliser, dont les 12 qui ont été mis en travaux, l’an dernier, dans le secteur de Châteauneuf (29). Cette route centrale présente en outre quelques avantages, surtout le week-end quand les camions ne roulent pas. La beauté des paysages tranche avec l’impression de traverser des zones industrielles, qu’on ressent surtout sur la voie express sud, et on y retrouve un certain plaisir de conduire. Elle évite en outre les deux gros points noirs à hauteur de Saint-Brieuc (nord) et Lorient (sud) où les voies express sont utilisés comme rocades urbaines, avec gros ralentissements fréquents, limitation à 90/heure et radars flashant souvent les étourdis.

L’achèvement complet de l’axe central en 2×2 voies n’est pas pour tout de suite mais avec la déviation de Saint-Méen, le Centre-Bretagne devient encore un peu plus compétitif face aux zones littorales et leurs voies express qui, jusqu’à présent, lui ont fait beaucoup d’ombre.

René Perez
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