La Bretagne dans l’attente de la nouvelle politique agricole commune

La crise de la Covid a encore plus accentué les impératifs écologiques et mis en évidence la nécessité pour les états de la planète de se montrer plus vertueux. C’est cette ligne de conduite qui suscite des débats très animés dans les instances européennes à l’heure de fixer la nouvelle politique agricole commune (PAC) pour les sept ans à venir. Et la Bretagne, on l’imagine, est une des régions européennes les plus concernées par la question.

Avec un face à face qui transgresse les frontières. Il ne s’agit pas ici d’un groupe de pays des 27 en désaccord avec d’autres, mais bien d’un bras de fer entre députés européens et la plupart des ministres de l’Agriculture de la communauté européenne. En cause les 387 milliards d’euros que l’Europe va consacrer à la politique agricole commune pour les sept ans à venir. Les ministres des 27 se sont mis d’accord sur ce chiffre.

Mais comment faut-il le ventiler ? Avec un principal point de friction : quel pourcentage de cette PAC faut-il attribuer aux nouveaux « écorégimes », ces primes aux agriculteurs participant à des programmes environnementaux exigeants ? Donc s’impliquant dans des projets à engagement écologique majeur. Les députés européens veulent mettre le paquet : selon eux, il faut mettre 30 % dans cette politique. 20 % pas plus, répliquent les ministres, les 80 % restants allant en aides directes aux agriculteurs. Les États auraient-ils la fibre moins écologique que le Parlement ? Peut-être, mais les dirigeants de nombreux pays savent surtout ce que peut leur coûter en manifestations agricoles ou en résultats électoraux une baisse trop sensible des aides directes. Or plus le pourcentage accordé aux « écorégimes » est élevé, plus on rogne sur le montant global des aides directes. Et donc plus on prend le risque de faire monter la grogne par monts et par vaux.

Les discussions ont été très animées et si on pensait que la solution pouvait consister à faire la moyenne (les uns veulent 30 %, les autres 20 %, il n’y a qu’à mettre cela à 25%), c’était mal connaître la pugnacité des uns et des autres sur un sujet aussi important. Il y a là des enjeux de pouvoir au sein des instances européennes et personne ne veut céder.

Après deux tours de négociations serrées, la dernière rencontre s’est encore soldée par un échec. Troisième round cette semaine avec impératif de se mettre d’accord avant le prochain Conseil de l’Agriculture, en fin de mois.

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