Bretagne. LaRem en tête mais le RN progresse

Macron ou Le Pen, Le Pen ou Macron ? Les élections européennes ont pris l’allure d’un bras de fer, avec deux listes au coude à coude, nettement détachées du peloton. C’est ce que les résultats ont confirmé, dimanche soir, plaçant le Rassemblement national en tête au plan national avec un point d’avance. En revanche, en Bretagne, c’est la liste portant les couleurs du Président de la République qui s’impose avec une avance plus nette de quatre points. 23,8 % pour LaRem contre 19,7 % pour le RN.

Cela ne constitue pas une grande surprise puisque la Bretagne avait très nettement donné ses préférences à Macron lors de la présidentielle de 2017. Il avait rassemblé 29 % des suffrages contre 15,3 % à Marine Le Pen. Près de 14 points d’écart… Comment expliquer un tel fossé dans la péninsule armoricaine ? La réponse tient en un petit rappel : il n’y avait pas de candidat écologiste à cette présidentielle de 2017. Yannick Jadot et les Verts s’étaient rangés derrière Benoit Hamon qui n’avait réalisé que 9,3 % dans sa région d’origine. L’électorat écologiste, de toute évidence, avait très nettement préféré se reporter sur Macron, contribuant largement à ces 14 points d’écart.

Hier, tête de liste des Verts aux Européennes, le même Yannick Jadot a raflé 14,6 % des voix en Bretagne, faisant des écologistes la troisième force de la région alors que Les Républicains (8%), le PS-Place publique (7%) et la France Insoumise (6,1%) boivent la tasse, selon les premiers résultats.

Par rapport à la présidentielle, le Rassemblement national est donc en progression mais il l’est également par rapport aux Européennes de 2014 où il n’avait obtenu 17,1 % des voix, très loin de son score national (23,9%). Il est vrai que cette année là, le maire de Carhaix, Christian Troadec, avait lancé une liste régionaliste très clairement anti-Front, réalisant un bon score notamment dans le Finistère (11,5%) en captant une partie du vote protestataire.

De toute évidence, le Rassemblement national poursuit sa progression en Bretagne, même s’il reste encore au dessous de la barre symbolique des 20 %. Quant aux Macronistes, ils vont probablement très vite tourner la page de ces Européennes pour se projeter sur les municipales de 2020. La déconfiture du PS et des Républicains ouvre de nouvelles perspectives en Bretagne alors que ces formations sont à la tête de nombreuses communes, dont la plupart des grandes villes.

Jean-Yves Le Drian, avec son mouvement des Progressistes encore en gestation, ne devrait pas tarder à entrer en action, dans la perspectives des municipales, pour attirer tous les élus, de droite ou de gauche, au profil macron-compatible. Ils sont nombreux dans ce cas en Bretagne. Et plus encore depuis ces résultats de dimanche soir.

René Perez
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