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Bretagne. Le lait remonte, le beurre s’envole

Dans la campagne bretonne, on respire un peu mieux. Après la remontée des cours du porc en début d’année, c’est cette fois le lait qui enregistre une hausse assez sensible, après il est vrai un décrochage qui a fait plonger les éleveurs dans la crise. Ils n’en sont pas encore sortis mais par un effet mécanique qui vaut pour le lait comme pour le pétrole, une baisse de la production a aussitôt généré une remontée du prix payé aux producteurs.

En Bretagne, les dernières statistiques donnent pour novembre un prix moyen de 317 € alors qu’il était de 272 en juillet-août. La hausse est appréciable (+16,5%) même si on reste encore en baisse de 3€ par rapport à novembre de 2015 et de 7,8 % sur la moyenne quinquennale 2011-2015. Il reste donc encore du chemin à faire mais la situation est moins tendue. Il est vrai que la collecte bretonne a baissé, comme dans bien d’autres régions laitières européennes, pour juguler le flot généré par la fin des quotas.

Demande mondiale en hausse

Les mesures de la limitation de la production, engagés et soutenus par plusieurs pays européens, expliquent en partie cette remontée des cours. Mais d’autres facteurs y ont contribué, en premier lieu une demande mondiale opportunément repartie à la hausse ainsi qu’une météo de fin d’été défavorable à la constitution de fourrages qui a, elle aussi, mécaniquement pesé sur les cours.

Ces fluctuations ont fait des victimes parmi les producteurs, certains décidant purement et simplement de jeter l’éponge. Mais en aval, la hausse du prix du lait et de la demande mondiale font aussi des dégâts collatéraux. Ils ont un effet amplificateur sur le prix du beurre industriel, utilisé notamment par les biscuitiers bretons dont on sait à quel point ils pèsent dans l’agroalimentaire de la région.

Ils doivent faire face à une hausse brutale du prix du beurre qui depuis deux ans tangentait en permanence les 3.000 €/tonne. A l’automne, dans le droit fil de la hausse du lait, les cours se sont envolés pour dépasser les 4.000 € et si depuis, ils ont tendance à faire du yoyo, ils se situent à un stade variant de +30 à +50 % par rapport à la moyenne de ces deux dernières années.

Ces brusques mouvements cycliques surviennent parfois dans le prix du beurre industriel. Et ils sont d’autant plus ressentis par les biscuitiers que le beurre pèse pour un quart dans le prix d’un quatre-quarts breton !

Pierre Vincent
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