En Bretagne, l’agroalimentaire réduit les effets de la crise

La Bretagne figure parmi les régions les moins touchées par le virus. On y compte vingt fois moins de décès que dans le Grand-Est, fortement impacté par le malheureux épisode du rassemblement évangélique de Mulhouse qui a aussi allumé des foyers dans plusieurs régions de France.

Mais si l’on en croit l’Insee, la Bretagne est également la région française la moins affectée économiquement. La baisse de produit intérieur brut (PIB) depuis le début de la crise serait de 31 % contre 35 % environ pour le niveau national. Et on ne s’étonnera pas d’apprendre qu’une fois encore, c’est l’agroalimentaire qui a un peu servi d’amortisseur en raison de sa bonne résistance (- 5%) et de son poids dans le tissu économique régional avec ses 70.000 emplois directs, soit un tiers des postes industriels bretons.

Malgré la fermeture des cantines et des restaurants, le secteur a bien mieux tenu le choc que la plupart des autres secteurs d’activité. Et comme pour les travailleurs de l’ombre révélés par le confinement, l’agroalimentaire était en première ligne. Les grandes entreprises ont continué à travailler pour la plupart et permis de limiter les dégâts dans le Finistère (-29%), les Côtes-d’Armor et le Morbihan (-30%) alors que l’Ille-et-Vilaine enregistre une perte de 33 % de PIB en raison de l’impact de la crise sur ce que l’Insee appelle les activités administratives, scientifiques et de soutien. Elles sont plus nombreuses dans ce département, logiquement le plus pénalisé.

On rappellera, à ce propos, que l’agroalimentaire n’est pas pour rien dans le classement flatteur de la Bretagne qui, en fin d’année dernière, était la région française au plus faible taux de chômage avec les Pays-de-la-Loire. Mais à l’inverse, on sait aussi d’expérience que le coup de balancier peut-être brutal quand ce secteur d’activité se met à boiter bas. Gad, Tilly-Sabco, Doux… Des noms qui sonnent encore douloureusement et nous invitent à croiser les doigts pour que cette crise n’affecte pas trop l’agroalimentaire breton. Et tous les autres secteurs d’activité.

René Perez
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