JO-2024-Marseille

Pourquoi la Bretagne n’a pas eu les JO ?

Si Paris parvient à remporter l’organisation des jeux Olympiques de 2024, c’est la ville de Marseille qui accueillera les épreuves de voile. Un choix qui, en terme de légitimité sportive, d’aménagement du territoire et de soutien populaire, n’a rien de bien évident…

Six collectivités se trouvaient sur la ligne de départ (Marseille, Le Havre, Hyères, La Rochelle, le Morbihan et Brest) et c’est la plus méridionale d’entre-elles qui l’a emporté. Mais qu’est ce qui a fait que Marseille, plus connu pour son football, a pu empocher la mise ? La question se pose forcément, comme un glaçon dans le pastis.

Coup de penn bazh en Bretagne

Si l’on parle de culture des courses et des événements maritimes, il est indéniable que c’est du côté du Havre et de la Bretagne (Brest et le Morbihan) qu’on la trouve. Marseille, auto-proclamée capitale de la voile, n’a pas une seule date d’envergure internationale à son calendrier. Quant au soutien populaire, massif pour les candidatures atlantiques et du Havre, il était proche de la pétole sur la Canebière.

Au niveau de l’aménagement du territoire il y a également beaucoup à redire, dans la mesure où les investissements consentis pour les Jeux Olympiques servent (généralement) une stratégie de transformations urbaines.

  • Le choix du Havre aurait permis la promotion du Grand Paris et aurait pu facilement se justifier de par sa proximité avec la capitale et son classement au patrimoine mondial de l’Unesco.
  • La Rochelle aurait également pu faire évoluer au travers de ce projet son problème d’infrastructures de transport : route, avion ou train.
  • Idem pour la pointe Bretagne où le « fameux » dossier du TGV à la pointe Bretagne aurait peut-être pu enfin avancer que ce soit à Brest ou Lorient.
  • Marseille ? Le Vieux Port va faire peau neuve et les plages du Prado vont être réaménagées. Ca c’est de l’ambition territoriale !

Coté Bretagne, on peut dire que c’est un coup de penn bazh. Les efforts consentis de longue date dans le domaine sportif et les entreprises liées à la compétition (Pôle France de Brest, le course au large de Port Laforêt, les médaillés olympiques, les navigateurs, les entreprises type Multiplast ou Incidences…) n’ont pas été reconnus. Et encore, on ne parle pas de la Bretagne comme la région qui a le plus grand nombre de licenciés à la FFV (Et de très loin). On a nos pudeurs !

Risque nucléaire à Brest !

Evidemment, si les critères de sélection étaient clairs comme un pastis sans anis, il serait facile d’accepter la décision. Tandis que là… Tout ce que l’on connaît finalement, c’est la composition du comité d’experts qui a rendu la décision. Il était composé de Jean Pierre Champion et de membres du CNOSF. Détail : le CNOSF est présidé par le marseillais Denis Masséglia. Et pour vous montrer le sérieux du travail de ce comité sachez quand même qu’il a conclu au risque nucléaire à Brest, la marine nationale n’étant pas en mesure d’anticiper ses sorties pour 2024…

Bon, soyons honnêtes : cette décision n’aura pas ému grand monde. On a assez peu entendu les politiques sur ce choix. D’ailleurs, tout le monde le jure : personne n’est intervenu. Pourtant ce choix arrange beaucoup de monde.

Le jeu breton du ni-ni

Anne Hidalgo, maire de Paris, dont on ne peut pas dire qu’elle soit proche de Ségolène Royal (ex présidente de la Région Poitou-Charente) ne doit pas être dérangée par le choix de Marseille plutôt que La Rochelle.

Le Havre ? Edouard Philippe (bras droit de Juppé) sera très difficile à déloger lors des prochaines municipales.

La Bretagne a sans doute pâti de ses 2 candidatures et donc d’une certaine « neutralité » régionale. Le Drian, le vrai patron de la région, s’est tenu assez éloigné de ce dossier, préférant ne pas renforcer le président de droite du Conseil général du Morbihan, ni se mettre à dos les électeurs cruciaux du Finistère pour les prochaines élections régionales…

Surtout, à Marseille, on donne peuchère d’un nouveau tour de piste de Jean-Claude Gaudin aux municipales en 2020. La désignation de Marseille est donc une occasion unique pour le PS de reprendre la main sur la ville…

Malgré tout, nous allons souhaiter bonne chance à Paris pour les JO. Et aussi à Marseille tant qu’on y est. Parce que ce sont peut-être des Bretons qui feront briller la France au bord de la méditerranée aux JO de 2024…

Bretagne Bretons
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