Bretagne. Les huîtres aussi ont la gastro

C’est reparti comme chaque année à la même époque. La gastro est revenue au galop et elle frappe fort en Bretagne, région de migration dense pendant la trêve des confiseurs. Les rassemblements familiaux et les arrivées des cousins-cousines sont l’une des causes de la propagation. Mais cette année, le phénomène annuel prend une résonance médiatique très inhabituelle puisque les huîtres, elles aussi, ont la gastro. Elle sont contaminés par le même virus qui est arrivé en abondance dans l’eau de mer.

D’abord à cause de la virulence du virus mais aussi et surtout parce que les fortes pluies tombées depuis le début octobre ont tellement gorgé les terres qu’elles n’absorbent plus rien quand il pleut.

L’eau dévale en grande quantité, se mélange dans certains endroits aux eaux usées contenant le virus de la gastro et le tout déboule dans les stations de traitement qui ne sont pas formatées pour de telles quantités. Et l’augmentation de la population pendant les fêtes de Noël n’arrange rien. Résultat : le long du littoral, zone de fortes concentrations humaines, des eaux usées débordent sans être traitées et sont rejetées en mer ou dans les rivières avant d’aller disséminer le virus, au fil de courants n’épargnant pas les parcs à huîtres.

C’est dans le Morbihan que le phénomène a d’abord débuté, à la mi-décembre, provoquant des cas de troubles gastriques après absorption d’huîtres. L’ampleur du phénomène est telle que selon les professionnels du Morbihan, 150 ostréicultures sont touchées, soit près de la moitié du parc départemental. Mais, juste après le Réveillon, voilà que ce sont les parcs de la baie du Mont-Saint-Michel qui ont été touchés à leur tour, le sud et le nord de la Bretagne se retrouvant ainsi dans la même panade.

L’affaire fait grand bruit et les professionnels tapent du poing sur la table en mettant en cause les services de l’État qui, selon eux ne fait pas son travail auprès des communes concernées. La préfecture du Morbihan a annoncé qu’elle va réaliser une enquête globale sur l’état des stations d’épuration. Mais dans l’immédiat, ce que veulent les professionnels, c’est une indemnisation pour les dégâts subis.

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