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Bretagne. Et maintenant des gambas élevées à Rennes !

Des gambas élevées à Rennes, vous y croyez vous ? Non, bien sûr… Hé ben si ! C’est possible avancent deux jeunes ingénieurs agronomes, Jérémie Cognard et Romain Vandamme. Et ils en sont tellement convaincus qu’ils viennent de réussir une levée de fonds de 1,4 million d’euros, eux qui au départ misaient sur 500.000 euros.

Il est vrai que ces deux deux jeunes hommes qui se sont rencontrés à l’Agrocampus de Rennes présentent une belle complémentarité. L’un est spécialisé dans l’aquaculture et l’autre plutôt dans le maraîchage. Vous connectez leurs neurones, vous laissez agir et après deux ans de maturation ça donne l’aquaponie. Koitesse ? C’est la contraction d’aquaculture (ça c’est simple) et de hydroponie, la culture hors-sol à partir d’éléments nutritifs liquides.

Sans produits phytosanitaires

Les deux ingénieurs agronomes rennais ont partagé leurs connaissances et mis au point un procédé qui, selon eux, va permettre de produire des gambas d’un côté et des légumes de l’autre. Avec un seul intrant : la nourriture des gambas et crevettes. On leur donne à becqueter, elles croissent et se multiplient et font leurs petits besoins. Ils sont récupérés comme fertilisants pour les plantes et le reste part vers un méthaniseur produisant du gaz.

Les gambas sont élevées dans une eau à la salinité contrôlée et si l’ingénieux duo a opté pour cette espèce, c’est parce qu’il en fallait une à forte valeur ajoutée. Car une ferme d’aquaponie nécessite des investissements assez lourds et pour les amortir, il faut produire des espèces rentables. C’est le cas des crevettes, et plus encore des gambas, dont le prix moyen tourne autour de 45 euros le kilo. Or la France consomme chaque année 120.000 tonnes de crevettes diverses, importées à 80 % (donc avec un coût en CO2) et élevées à grands coups de produits phytosanitaires.

« Ce ne sera pas le cas chez nous », assurent les deux jeunes ingénieurs, en arguant que leur production n’aura pas besoin de subir de long transport et que la demande est telle qu’une ferme n’aura pas besoin d’un grand rayon de chalandise. Ce sera du produit frais, sain et rapidement disponible.

Une ferme en 2020

Après des tests probants, les deux dirigeants d’Agriloops vont prochainement lancer une ferme expérimentale. Et ils parient sur 2020 pour l’ouverture de leur première ferme de production, dans la région rennaise. S’ils aboutissent, ils auront créé la première start-up européenne d’aquaponie en eau salée. En réussissant à lever 1,4 million, ils n’ont fait que confirmer la confiance déjà placée en eux depuis plusieurs années par des organismes de la région bretonne qui les soutiennent et par des jurys de prix à l’innovation qui les ont déjà distingués.

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1 Commentaire
  1. MASSENET

    Bonjour,

    Comment passez vous de l’eau de mer des crevettes à l’eau douce des tomates et autres légumes?
    Même si je suis débutant en aquaponie , cela fait des années que je me pose cette question pour mettre en œuvre un tel système ….
    Merci d’avance,

    Ps: si cela,est secret et pas encore couvert par un brevet, je comprendrai une non reponse

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