Bretagne. Possédez-vous un bout de forêt ?

Le réchauffement climatique la met doublement en une de l’actualité mondiale. La forêt, longtemps reléguée au rang du décor de carte postale, devient une préoccupation dominante, comme l’ont démontré les retentissantes polémiques autour de l’Amazonie. Et à l’heure où un mouvement, tardif mais salutaire, remet en question l’omniprésence des matières plastiques, le bois redevient un matériau d’avenir et une même une valeur refuge.

Pour la forêt bretonne, le scénario est de la même essence. Elle a longtemps été ignorée car assez peu implantée en Bretagne. Dans une région fortement agricole, elle n’occupe que la place restante, aux environs de 14 % des terres, soit deux fois mois que la moyenne des autres régions françaises. Cette faible part l’a longtemps rejetée dans l’ombre où la maintenait une incroyable dispersion des droits de propriétés. La Bretagne compte environ 120.000 propriétaires, chiffre très approximatif car beaucoup d’entre eux ignorent qu’ils possèdent un petit bout de forêt. Au fil des héritages, tout cela s’est dilué dans des monceaux d’archives notariales et il n’est pas fréquent de voir un géomètre s’aventurer en forêt pour tenter de délimiter des parcelles forestières.

Mais depuis quelques années, la forêt bretonne fait l’objet d’une attention plus manifeste. Elle est pourvoyeuse d’emplois (environ 15.000 actuellement pour un chiffre d’affaires de 2 milliards), alimente le marché de la cagette et de la palette, très actif en Bretagne, mais en ces temps de promotion des circuits courts, est-il vraiment logique de faire venir de loin du bois de construction alors qu’il y en a sur place ?

Le lancement du programme Breizh forêt bois, épaulé par la Région, a contribué à mettre la forêt au centre de l’économie régionale et des groupements comme Abibois (300 membres et entreprises) s’attachent à mieux structurer et mettre en valeur la forêt bretonne pour une exploitation plus rationnelle. L’un des objectifs majeurs, avec le soutien de Breizh forêt-bois, c’est de mettre en exploitation des zones forestières qui ne sont pas gérées ou sont tombées en abandon. Cause première : trop de propriétaires inconnus sur ces parcelles doublement impénétrables. Et le plus dur, en l’occurrence, ce n’est point de tracer des chemins d’accès mais de faire sortir du bois tous les propriétaires dont certains ignorent qu’ils le sont. Bon courage !

René Perez
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