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Bretagne. Fillon au sommet, Sarkozy au fossé

François Fillon est un adepte de la Formule 1. Et il a conduit comme un as du volant. En laissant les deux leaders de la course s’user aux avant-postes, se frotter dans les virages, dégommer leurs pneus et se neutraliser. Et aucun des deux n’a vu dans son rétroviseur arriver l’outsider, déboulant à fond la caisse pour remporter la couronne haut la main. Avec même une avance considérable en Bretagne sur Nicolas Sarkozy, parti au fossé.

Plus de 50%

dans les Côtes-d’Armor

Si Juppé fait en Bretagne un score équivalent à son niveau national, en revanche c’est le grand écart entre les ex-président et premier ministre de 2007 à 2012. Ici l’ordre protocolaire est totalement inversé puisque Fillon monte sur la première marche avec un score que personne n’aurait pu imaginer, pas même ses plus chauds supporters.

Dans les Côtes-d’Armor, il aurait même été élu au premier tour puisqu’il obtient la majorité dès la première manche (50,4%). Certes, il s’agit d’un département rural, territoire dans lequel Fillon a obtenu des scores flatteurs mais quand on constate qu’il fait encore mieux en Loire-Atlantique (54%) malgré le poids de Nantes, force est de constater que Fillon n’est pas seulement l’élu des champs. Il a ratissé très large.

Pour Sarkozy, à l’inverse, le coup de massue est brutal en Bretagne avec des scores faméliques. 13,9 % en Ille-et-Vilaine, 14,7 % en Finistère, 15,6 % dans le Morbihan et 16 % dans les Côtes-d’Armor. De toute évidence, les Bretons ne lui ont pas pardonné la série de dérapages qui ont marqué son quinquennat, comme avec aucune autre région. Du « J’me fous des Bretons » à sa défection annoncée pour la finale de Coupe Rennes-Guingamp, de son algarade sur les quais du Guilvinec a son commentaire malheureux « On ne peut pas forcer un médecin à s’installer à Morlaix », il a accumulé les passifs avec les Bretons qui ont la tête dure et la mémoire du même métal.

Législatives.

Tout remettre sur la table

L’ex-président, on l’aura remarqué, a d’ailleurs fait l’impasse sur la Bretagne au cours de la campagne électorale. Il n’est tout simplement pas venu ! Mais à la rigueur, on peut le comprendre. Chaque fois qu’il est passé en Armorique cabocharde, quelque chose a disjoncté. Il a préféré se tenir à distance pour ne pas être encore victime de ce signe indien et de ces amulettes qui s’enflammaient comme des allumettes à chacun de ses passages dans le Far-West breton.

François Fillon est maintenant le grand favori pour le second tour. Et en cas de victoire, il va falloir rebattre quelques cartes en Bretagne, du moins pour les législatives qui suivront de près la présidentielle de 2017. Un exemple : Maël de Calan, proche de Juppé et Agnès Le Brun, maire de Morlaix et soutien de Sarkozy, avaient trouvé un bon compromis. Pour les législatives dans la circonscription de Morlaix, le candidat Les Républicains serait celui du camp vainqueur. C’était clair et net. Mais si Fillon l’emporte dimanche, il va falloir tout renégocier. A Morlaix comme dans nombre d’autres circonscriptions.

René Perez
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