Bretagne. 65.000 emplois liés à la mer

Combien d’emplois représente la mer en Bretagne ? L’addition n’a jamais été réellement faite tant elle se révèle complexe. Car ici, il faut additionner des choux et des carottes, des militaires et des ouvriers, des pêcheurs et des métallos, ce qui jusque-là n’est pas insurmontable. Mais comment comptabiliser les employés d’une entreprise qui travaille certes dans le secteur de la mer mais qui a aussi des activités terrestres ? Et faut-il prendre en compte les restaurants et les bistrots des bords de mer qui font le plein l’été, grâce aux activités nautiques ?

L’observatoire de l’économie maritime s’est lancé dans l’exercice, avec le concours des Chambres de commerce de Bretagne et les agences d’urbanisme, en fixant un critère principal : pour être retenue dans cette statistique, une entreprise doit consacrer au moins 25 % de ses activités à la mer. On met tout cela dans la moulinette, on tourne et un chiffre tombe : 65.000 emplois, soit 5,1 % des emplois bretons mais hors tourisme. La précision n’est pas mince ce qui exclut tout le secteur de la restauration.

Dans ce total, c’est la Défense nationale qui arrive encore en tête malgré une sévère décroissance ces dernières années. Elle emploie 20.000 personnes (31 % du total) essentiellement dans les pays de Brest et Lorient. Avec 17.500 emplois (25%) arrivent ensuite les produits de la mer à destination alimentaire, regroupant les pêcheurs, la culture marine, le mareyage, la transformation des produits… Ensuite viennent la construction et la réparation navales avec 11.430 emplois (17%) puis le nautisme avec 6.250 emplois (près de 10%). Il faut y ajouter d’autres activités plus restreintes comme les énergies renouvelables, la biocosmétique, le numérique lié à la mer…

Décroissance dans le pays de Brest

On ne sera pas surpris d’apprendre que c’est le pays de Brest qui, en Bretagne, recouvre le plus grand nombre d’emplois liés à la mer (27.000 sur 65.000), en raison notamment de la prépondérance des activités de Défense nationale. Mais ce secteur d’activité a fondu de façon spectaculaire, notamment entre 2007 et 2012 où le plan de restructuration des Armées s’est traduit par la perte de 5.000 emplois dans les activités de Défense dans l’arrondissement maritime de Brest (Lorient compris). 5.000 emplois qui se sont évaporés sans bruit, par désarmement de navires ou transfert à Toulon, par externalisation de certains services, par contraction des activités de l’arsenal de Brest… Les causes sont nombreuses mais le chiffre claque : 5.000 emplois durant ces cinq années. Heureusement, d’autres activités ont émergé, au premier rang desquels le Crédit mutuel Arkea et ses filiales qui totalisent désormais 2.500 emplois à Brest, soit plus que l’arsenal.

Le poids de la Défense est tel dans le secteur de Brest que l’incidence n’a pas tardé à se traduire dans l’évolution démographique de la ville, tombée au dessous de la barre symbolique des 150.000 habitants. Ce qui fait de Brest l’une des rares grandes villes à avoir vu sa démographie baisser ainsi, même s’il ne faut pas oublier que, dans le même temps, la ceinture brestoise a pris du poids.

René Perez
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